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Les journalistes condamnent une nouvelle loi sur l'écoute électronique policière

Dans un nouveau rapport sur le climat de la liberté de la presse en République tchèque publié ce mois-ci, l'Institut international de la presse (IIP) indique que de nombreux rédacteurs font part de leur grave inquiétude au sujet d'une loi récente qui rend illégal de publier quelque information que ce soit résultant d'une écoute électronique par la police.

L'IIP s'est rendu à Prague en mission d'information de deux jours en mai et s'est entretenu avec des professionnels des médias à propos de la diffamation, des organismes de réglementation de la radiodiffusion, de l'efficacité des mécanismes d'autoréglementation et de l'accès aux renseignements officiels.

Le « Press Freedom Audit Report: Czech Republic » (Rapport de vérification de la liberté de la presse : République tchèque), explique que la nouvelle disposition sur l'écoute électronique rend illégal de publier des informations obtenues par écoute électronique ou des renseignements sur des individus impliqués dans des crimes particuliers, sans le consentement de ceux-ci.

Un journaliste a déclaré à l'IIP qu'une interprétation aussi stricte de la loi empêche de couvrir des allégations de violence conjugale par un politicien contre sa femme. Également, si le premier ministre était atteint par des coups de feu, il serait illégal de le rapporter sans sa permission, a indiqué le journaliste.

La restriction s'applique tant aux victimes qu'aux auteurs des actes, dit le rapport. Les contrevenants sont passibles de sanctions comprenant des amendes pouvant aller jusqu'à 5 millions de couronnes tchèques (env. 180 000 euros) ou de peines de prison pouvant aller jusqu'à cinq ans. Beaucoup de journalistes ont dit se sentir mal à l'aise d'assigner des reporters à la couverture d'histoires qui leur feraient courir le risque de se retrouver en prison. Ils estiment que cette nouvelle loi mènera à l'autocensure sur les histoires d'intérêt public. Plusieurs journalistes voient dans cette loi un point tournant dans les efforts accrus du gouvernement afin de contrôler les médias, dit l'IIP.

Dans l'ensemble, dit le rapport, les médias sont diversifiés et dynamiques, et ils jouissent de saines conditions d'exercice de la liberté de la presse, mais un journaliste a déclaré à l'IIP que la solide réputation de la République tchèque en matière de liberté de presse pose le risque que des restrictions législatives soient adoptées sans que les observateurs internationaux ne fassent de commentaires. Aussi, l'influence de la société civile s'est affaiblie à la faveur de l'« apathie démocratique », tandis que le rôle des médias comme chiens de garde est plus important que jamais.

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