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JED en appelle à la fin de la violence d'état contre les medias à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse

(JED/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de JED daté du 2 mai 2007:

JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE 2007
JED en appelle à la fin de la violence d'état contre les journalistes et contre les medias

Kinshasa, le 02 Mai 2007

A l'occasion de la célébration, jeudi 03 mai 2007, de la 17è journée mondiale de la liberté de la presse, Journaliste en danger (JED), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse en République démocratique du Congo, et Réseau d'alerte de l'OMAC (Organisation des médias d'Afrique centrale), souhaite attirer l'attention de l'opinion nationale et internationale sur la situation préoccupante de la liberté de presse en RD Congo, et appeler les nouvelles institutions issues des élections à leurs responsabilités pour des réformes nécessaires et urgentes que requiert le cadre juridique de l'exercice de la liberté de la presse en vue de renforcer la démocratie et stimuler la reconstruction du pays.

Alors que cette journée est placée sous le thème de "La liberté de la presse, Sécurité des journalistes et Impunité", JED constate, malheureusement, qu'il devient de plus en plus dangereux d'exercer le métier de journaliste à Kinshasa, et dans plusieurs provinces du pays, en raison du nombre élevé des journalistes et autres professionnels des médias qui subissent des violences à cause de leur travail ou en raison de leur qualité de journaliste.

A titre illustratif, et au cours du premier trimestre 2007 qui coïncide avec la mise en place des nouvelles institutions, JED a pu dénombrer au moins 27 cas d'attaques diverses contre des journalistes et contre des médias dont au moins 20 cas constitués des emprisonnements, des agressions ou tortures, des menaces ouvertes ou anonymes et des destructions des médias.

Au moment où la Communauté internationale célèbre cette journée dédiée à la liberté de la presse, un journaliste, Bonsange Mbaka du journal Mambenga, croupit à la prison centrale de Kinshasa (Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa, CPRK) depuis 6 mois sans jugement. Bonsange avait été arrêté le 21 novembre 2006 par la police pour avoir ramassé un téléphone portable appartenant à la police, et qu'il s'apprêtait à déposer au poste le plus proche, lors des incidents de la Cours suprême de justice. La police l'accuse de "vol d'effets militaires". Le journaliste a subi des pires sévices pendant toute la période de sa détention au secret pendant un mois dans les cachots des services spéciaux de la police communément appelés "Kin Mazière".

Pendant ce temps, deux chaînes privées de télévision (CCTV et CKTV) et une station de radio (RALIK), toutes appartenant à l'ancien Vice-président Jean-Pierre Bemba, sont réduites au silence. Elles ont été pillées et saccagées lors des affrontements armés de Kinshasa des 22 et 23 mars 2007. Mais leur signal avait déjà été coupé quelques heures avant les affrontements.

A Luebo, dans le Kasaï-Occidental, au centre de la RDC, une radio communautaire (ODL) est occupée depuis plus d'un mois, sur ordre du Commissaire de district du Kasaï, par des militaires qui en empêchent tous les accès, en dépit de la décision de section locale de la Haute Autorité des Médias (HAM) ordonnant la reprise des émissions. Les autorités locales de Luebo reprochent à cette station de radio d'avoir accordé la parole à un député provincial qui les aurait critiqués.

Au regard des statistiques enregistrées sur les attaques menées contre les journalistes et contre les médias, JED constate que plus de 90% des cas de violence contre la presse sont le fait des agents ou des services publics de l'Etat, notamment, les services spéciaux ou de renseignement civils ou militaires. Des journalistes arrêtés par ces services sont détenus pendant des longues périodes au cours desquelles ils sont battus et torturés avant d'être transférés un jour à la prison centrale où ils peuvent rester des longs mois avant d'être présentés devant un juge.

JED rappelle également qu'au cours des deux dernières années, deux journalistes, Franck Ngyke (et son épouse) et Bapuwa Mwamba, ont été assassinés à Kinshasa, et qu'aucune enquête sérieuse n'a été menée pour déterminer le mobile de ces crimes et en identifier les commanditaires éventuels.

Face à ce calvaire des journalistes arrêtés, battus et emprisonnés sans jugement, et des médias occupés par des hommes en armes et réduits au silence, JED en appelle au pouvoir en place pour mettre fin à cette violence d'Etat contre les journalistes et contre les médias. JED dénonce l'impunité dont jouissent des personnes identifiables qui s'en prennent violemment aux professionnels des médias, et demande au gouvernement d'accélérer les réformes annoncées pour sortir le pouvoir judiciaire congolais de son état actuel d'une justice corrompue, au service des plus forts et des riches.

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