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Vague d'interpellations de journalistes à Kinshasa après la diffusion des déclarations d'un chef rebelle

(JED/IFEX) - Au moins quatre journalistes et responsables des médias entendus pendant plusieurs heures dans les locaux des services de renseignements; une chaîne privée de télévision réduite au silence, et une cassette contenant l'interview d'un chef rebelle confisquée. Tel est le bilan d'un week-end de répression sur les médias à Kinshasa. Stéphane Kitutu O'Leontwa, Thierry Musenepo, Christophe Ali et Tutu Kazadi, respectivement directeur général de CCTV/RALIK (Canal Congo Télévision / Radio Liberté Kinshasa), directeur général, directeur de production et régisseur d'antenne de BRTV (Business Radio Télévision), stations émettant à Kinshasa, capitale de la RD Congo, ont été interpellés, dimanche 26 août 2007, vers 15h00 (heure locale) par des agents de l'Agence nationale des renseignements (ANR) porteurs d'un mandat délivrés par leur hiérarchie.

Quelques heures avant ces interpellations, le signal de la chaîne privée de télévision BRTV avait été brutalement interrompu. Jusque lundi 27 août, en début d'après-midi, aucune raison officielle n'avait été donnée pour justifier la cessation de leurs émissions.

Selon les renseignements que JED a pu recueillir, notamment auprès d'un proche collaborateur de M. Kitutu et d'un responsable de BRTV, l'ANR reproche à ces deux organes d'avoir diffusé le vendredi 24 août, à des heures différentes, une interview du Général Laurent Nkunda Batware (Chef rebelle basé dans le territoire de Masisi, à 75 km de Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu). Dans cette interview, qui daterait de l'année 2006, ce général, dissident des forces armées de la RDC (FARDC), justifiait son choix pour le mixage des forces armées congolaises en lieu et place du brassage de ses troupes avec les éléments de l'armée régulière.

Les journalistes interpellés ont été longuement interrogés sur l'origine et l'opportunité de la diffusion de cette interview, avant d'être instruits de "rester disponible pour toute enquête complémentaire".

JED condamne ces interpellations, et regrette cette tentative d'imposer une censure étatique aux médias en violation flagrante de la loi sur la liberté de la presse et des instruments internationaux auxquels la RDC a adhéré. Pour JED, la pratique de la censure sur les médias rend peu crédible la démocratie en RD Congo dont la liberté de la presse est l'instrument de mesure. JED demande enfin que soit mis un terme aux harcèlements permanents des responsables des organes de presse incriminés.

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