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Un journaliste agressé par un diplomate angolais et arrêté alors qu'il était inconscient

(CPJ/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse du CPJ daté du 21 avril 2008:

En RDC, un journaliste déclare avoir été bastonné par un diplomate angolais

New York, le 21 avril 2008 - Un journaliste de radiotélévision en République démocratique du Congo (RDC) a engagé aujourd'hui des poursuites contre un diplomate angolais, alléguant qu'il a été battu, jusqu'à ce qu'il perde conscience, par le diplomate et ses assistants samedi dernier, selon des informations recueillies auprès des journalistes locaux.

Les journalistes qui connaissent bien la station de leur collègue, Radio Télévision Mwangaza, ont déclaré au CPJ que l'agression contre ce journaliste était en représailles contre la médiatisation d'un scandale sur l'inscription d'expatriés angolais sur les listes électorales congolaises en 2006.

Le directeur de l'information Jean-Pierre Ndolo, et le reporter Pascal Luboya de Radio Télévision Mwangaza, une station populaire de Lubumbashi, la capitale de la province du Katanga, ont été abordés par l'un des agents de sécurité du diplomate Ngoma alors qu'ils récupéraient des cassettes pour une émission près de sa résidence, selon plusieurs comptes-rendus. Après avoir été contraints de déplacer leur véhicule, qui était marqué avec l'identification de la station, plus loin de la maison du diplomate, l'agent de sécurité a saisi les clés du véhicule et a leurré M. Ndolo dans la résidence, selon M. Luboya.

M. Ndolo s'est ensuite retrouvé entouré de plus d'une douzaine de personnes et a été gravement bastonné avant que M. Ngoma ne rejoigne la mêlée, rouant le journaliste de coups de poing et l'insultant, a dit M. Luboya. Sur les ordres du diplomate, la police avait ensuite arrêté M. Ndolo, alors qu'il était inconscient et l'avait placé en garde à vue pendant plus de deux heures avant de l'emmener à l'hôpital, selon des journalistes locaux. M. Ngoma a par la suite accusé le journaliste de violation de domicile et de voies de fait sur sa femme. M. Ndolo a cependant nié les accusations, affirmant qu'il n'a jamais rencontré le diplomate ou son épouse.

"Nous appelons les autorités angolaises et congolaises à enquêter sur cette agression ainsi que sur les témoignages faisant étant de l'implication du personnel du consulat angolais dans cet incident", a déclaré le responsable du bureau Afrique du CPJ, Tom Rhodes.

S'adressant au CPJ peu après sa sortie de l'hôpital aujourd'hui, M. Ndolo a dit qu'il souffrait de douleurs à la tête et de douleurs thoraciques. Il a déclaré qu'il a déposé aujourd'hui une plainte auprès de la police, pour agression, coups et blessures, contre Pedro Gomez Ngoma, le consul général de l'Angola voisin à Lubumbashi. Le téléphone cellulaire de M. Ngoma était hors service lorsque le CPJ a tenté de le joindre.

Selon Rose Lukano, présidente-directrice générale de Mwangaza ("Lumière" en swahili), le diplomate Ngoma a été hostile à ses reporters depuis que la station a sorti en 2006 un reportage sur l'inscription illégale d'expatriés angolais sur les listes électorales lors du scrutin historique de la RDC. Ni Ndolo, ni Luboya, ne travaillaient à la station à l'époque, mais leur affiliation professionnelle a entraîné l'incident, a-t-elle déclaré.

Il convient de rappeler que l'Angola avait temporairement rappelé le diplomate Ngoma suite à ce reportage, d'après des journalistes locaux.

Le Comité pour la protection des journalistes ( http://www.cpj.org ), une organisation indépendante à but non lucratif basée à New York, oeuvre à préserver la liberté de presse partout dans le monde depuis 1981. Le CPJ compte de grands journalistes comme Christiane Amanpour de CNN International, Brian Williams de NBC News, David Marash d'Al-Jazeera English et Paul Steiger du The Wall Street Journal au sein de son conseil d'administration.

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