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Après plusieurs mois de détention secrète, un journaliste et son assistant sont incarcérés à la prison centrale de Kinshasa

(JED/IFEX) - C'est tard dans la soirée du vendredi 6 juin 2008 que Nsimba Embete Ponte, directeur du bihebdomadaire "L'Interprète", et son collaborateur Davin Ntondo Nzovuangu ont été sortis des cachots de l'Agence Nationale des Renseignements (ANR), sur le bord du fleuve Congo, non loin de la Primature, pour être conduits au Parquet général de Matete, situé sur la quatrième rue à Kinshasa/Limete.

Les deux journalistes ont totalisé respectivement 90 jours et 68 jours de détention au secret au cours de laquelle ils n'ont eu accès ni à un avocat, ni à un médecin, ni à aucune autre visite d'un membre de famille. Nsimba que Journaliste en Danger (JED) a rencontré samedi 7 juin 2008, au cachot du Parquet de Matete, paraissait très affaibli. Le journaliste a dit à JED que pendant sa détention, il est tombé évanoui à deux reprises.

Selon des informations recueillies sur place au Parquet de Matete, les deux journalistes sont poursuivis pour "colportage, faux bruits, atteinte à la sécurité de l'État et offense au Chef de l'État", à la suite d'une série d'articles publiés, le 29 février, sur la santé du chef de l'État, Joseph Kabila. Après leur première audition par le magistrat instructeur du Parquet de Matete, Nsimba et Ntondo ont été acheminés, samedi dans la soirée, au Centre Pénitentiaire et de Rééducation de Kinshasa (CPRK, ex-prison centrale de Kinshasa).

Pour rappel, Nsimba Embete avait été arrêté le 7 mars à 7h30 du matin (heure locale), à l'arrêt de bus dit "Pascal" dans la commune de Masina (Est de Kinshasa). Sans nouvelle de lui pendant plusieurs jours, sa famille et ses avocats ont fini par être informés qu'il se trouvait dans le bâtiment de l'Agence nationale des renseignements, communément appelé "ANR fleuve", mais aucune démarche visant à connaître le motif de sa détention ou lui rendre visite n'ont été fructueuses. Le 29 mars, Davindo Ntondo, proche collaborateur de Nsimba, a été à son tour arrêté à son domicile par des éléments de la police et conduit à une destination inconnue.

Dans une lettre conjointe adressée, le 10 avril, au Ministre de l'Intérieur, Dénis Kalume, JED et Reporters sans Frontières (RSF, Paris) ont demandé son intervention pour mettre fin à l'opacité de ces arrestations en violation des articles 18 et 19 de la Constitution qui réglementent le régime de la garde à vue et garantissent les droits des détenus.

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