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Une journaliste de Radio Okapi accusée de complicité avec la rébellion par le gouverneur de la province

(JED/IFEX) - Ci-dessous, un communiqué de presse de JED:

Une journaliste de Radio Okapi accusée de complicité avec la rébellion par le gouverneur de la province

Dans une lettre adressée, mardi 2 décembre 2008 à Monsieur Celestin Mbuyu, ministre en charge de l'Intérieur et de la Sécurité, Journaliste en danger (JED) a exprimé "ses vives inquiétudes au sujet de la stigmatisation et des diverses menaces dont font l'objet la Radio Okapi à Goma et plus particulièrement Gisèle Kaj, journaliste et secrétaire de rédaction à la même radio, de la part de M. Julien Paluku."

JED a prévenu que "si jamais il arrivait un malheur à la journaliste Gisèle Kaj, elle n'hésitera pas à considérer le gouverneur du Nord-Kivu comme le suspect N°1". JED a interpellé M. Célestin Mbuyu,"en tant qu'autorité de tutelle du gouverneur de la province, afin qu'il puisse demander à M. Paluku de mettre définitivement fin à ses agissements et de respecter le travail des journalistes dans sa juridiction quelles que soient leurs lignes éditoriales."

En effet, selon plusieurs témoignages recueillis par JED et confirmés par la victime et la Radio Okapi, en date du 18 octobre, M. Paluku a dit au chef de bureau de la MONUC (Mission des Nations Unies en RDC) à Goma qu'il "en voulait" à la journaliste Kaj parce qu'elle traite partiellement les informations et qu'elle a "des accointances avec le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda".

A l'issue d'une autre entrevue accordée à un autre journaliste de la Radio Okapi, dans son cabinet, le gouverneur du Nord Kivu a dit à ce dernier :"j'espère que tu ne seras pas comme tes autres collègues qui sont membres du CNDP".

Bien plus, le dimanche 30 novembre 2008, à l'issue de la conférence de presse que le gouverneur a tenue en sa résidence à Goma et à laquelle Radio Okapi était représentée par son journaliste Jules Ngala, le gouverneur, devant témoins, s'est d'abord attaqué à la Radio Okapi qu'il a qualifiée de "négativiste" avant d'accuser une fois de plus Gisèle Kaj de ne "pas faire correctement son travail et de ne pas être patriote" , pour avoir diffusé des interviews de M. Bertrand Bisimwa, porte-parole du CNDP.

Ces menaces ont été reprises et amplifiées par la garde rapprochée de M. Paluku. Au début du mois de novembre, un témoin a rapporté à Radio Okapi les propos d'un groupe des policiers commis à la garde du Gouverneur accusant à leur tour Gisèle Kaj d'être de mèche avec la rébellion."Gisèle Kaj est membre du CNDP. Le gouverneur le sait, parce qu'il s'en plaignait. Il sait aussi que Kaj est l'une des concubines de M. Nkunda Mihigo", avaient déclaré en substance les policiers.

JED considère qu'"une telle stigmatisation d'un média aussi professionnel que Radio Okapi et de tels propos tenus à l'encontre d'un journaliste ne peuvent que s'apparenter à des appels au meurtre. Surtout quand les propos sortent de la bouche même de la plus haute autorité de la province."

"Si par l'absurde, l'autorité provinciale n'est pas d'accord avec une information précise donnée par Radio Okapi, la loi N°96/002 du 22 juin 1996 lui donne le droit de rectification. Par contre, le choix des personnes qui s'expriment sur Radio Okapi relève de la compétence exclusive du média," a précisé JED dans sa lettre.

Pour rappel, ces dernières menaces interviennent une semaine après l'assassinat à Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu, de Didace Namujimbo par des inconnus armés. Namujimbo est le deuxième journaliste de Radio Okapi assassiné en l'espace de 17 mois, toujours à l'est de la RD Congo.

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