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Le chef des télécommunications à Bukavu interdit aux chaînes de radio et de télévision de diffuser des messages "aux allures subversives"

(JED/IFEX) - Dans une lettre de protestation adressée, le 17 février 2009, à Paul Kabingwa Bundya Musombo, chef de division provinciale des PTT (Poste, Téléphone et Télécommunications) à Bukavu (province du Sud-Kivu à l'est de la République démocratique du Congo (RDC, JED a exprimé sa totale désapprobation et a dénoncé le caractère "ubuesque" et " inutilement provocateur" de son communiqué de service du 16 février 2009 adressé aux responsables des chaînes de radios et de télévisions émettant à Bukavu. JED a également demandé au chef de division de reconsidérer les termes de son communiqué et de ne rien entreprendre "qui puisse nuire au travail des médias et à la liberté d'expression et d'opinion pour le retour de la paix et de la stabilité à l'Est de la RDC", d'autant plus qu'aucun texte de loi en RDC ne lui donne mandat de contrôler le contenu des radios et télévisions et d'en sanctionner les fautes.

En effet, dans ce communiqué, dont une copie est parvenue à JED, Kabingwa a accusé ces radios et télévisions de diffuser "des messages émanant de n'importe quelle catégorie des personne, et qui tendent à s'insurger contre les actions menées par les institutions légales et légitimes de la République en vue de restaurer la paix dans le pays et particulièrement à l'Est de la RDC". En conséquence, Kabingwa a interdit à toutes les chaînes de radio et de télévision de permettre la diffusion des messages et d'autres communiqués, et même d'organiser des émissions aux allures subversives et rebelles, qui visent à créer la confusion et l'incompréhension au sein de la population sur le bien fondé des actions entreprises par le pouvoir légalement établit (. . .) sous peine de sanctions légales et réglementaires prévues, allant jusqu'au retrait du signal et/ou la confiscation des équipements et matériels, servant à l'émission".

JED tend à souligner que la liberté d'opinion et d'expression de tout citoyen congolais, et de laquelle découle la liberté de la presse, est garantie dans le RDC par les articles 23 et 24 de la Constitution, qui affirment que "toute personne a le droit d'avoir des idées et des opinions et de les exprimer librement, sans considération des frontières et quel que soit le support, sous réserve de la loi, de l'ordre public et de la moralité publique," qui, faut-il le souligner, ne doivent pas être confondus avec les humeurs ou le confort de qui que ce soit".

S'agissant particulièrement de la situation préoccupante qui prévaut à l'Est de la RDC et des tentatives de solutions pour restaurer la paix dans cette partie du pays, JED a rappelé qu'"il appartient aux gouvernants non pas de s'imposer en réduisant au silence les voix discordantes mais plutôt de convaincre la population - souverain primaire - que les solutions trouvées sont les meilleures ou, en tout cas, les moins mauvaises pour une paix durable. Ce devoir de persuasion des gouvernants, caractéristique par excellence d'une démocratie, ne saurait en aucun cas porter atteinte au droit fondamental de chacun à penser autrement ou à critiquer ce qui se fait, au nom justement de la démocratie et du débat démocratique. Critiquer ce qui se fait ou s'insurger par des moyens pacifiques contre la voie empruntée pour résoudre la crise des Kivu ne saurait jamais être assimilé à un acte anti-patrie."

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