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Trois radio-télés interdites par le maire de Likasi

(JED/IFEX) - Denis Kalondji Ngoy, maire de la ville de Likasi, a décidé, le 11 mars 2009, d'interdire, jusqu'à nouvel ordre, la RCK (Radio Communautaire du Katanga, une propriété de la société civile locale) et la RTL4 (Radiotélévision Likasi 4, appartenant à un homme d'affaire de la ville). Il est appuyé en cela par des autorités provinciales du Katanga. Les deux médias indépendants, dont les responsables et journalistes ont été soumis depuis plusieurs jours à des menaces et pressions de toutes sortes, ont finalement accepté, le 12 mars, d'obtempérer à la décision du maire. Un troisième média, la RPE (Radio Plein Evangile), dont l'animateur Gilbert Nawezi a été interdit d'antenne depuis une semaine par le maire de Likasi, a reçu également l'ordre de fermer.

Selon des informations concordantes parvenues à JED, la ville de Likasi connaît depuis un certain temps une situation sociale tendue accentuée par la grève du personnel de la SNCC (Société Nationale des Chemins de fer du Congo) qui réclame 36 mois d'arriérés de salaires.

Dans leurs revendications, ces agents se sont affrontés aux forces de l'ordre et s'en seraient pris à leur directeur dont ils auraient saccagé la résidence. Les autorités locales reprochent aux médias interdits "l'incitation à la grève, les propos diffamatoires et les propos à caractère tribal" lors de la couverture de ces évènements. Plus précisément, à RCK, première radio de la ville, il est reproché d'avoir diffusé, pendant ces évènements, le discours de Patrice-Emery Lumumba, le premier Premier ministre du Congo indépendant, la chanson "Que demande le peuple?" du musicien congolais Félix Wazekwa ainsi qu'une chanson locale en swahili intitulé "Binashindakana" ("C'est devenu impossible"). Le maire de la ville considère que ces chansons sont à la base de la grève et des affrontements qui s'en sont suivis.

A RTL4, il est reproché d'avoir dit que les affrontements entre les grévistes et les forces de l'ordre avaient fait trois morts, ce qui n'était pas vrai. La RPE, quant à elle, a diffusé une émission à téléphone ouvert au cours de laquelle des intervenants s'en sont pris, parfois vertement, aux autorités locales "qui ne feraient rien pour améliorer le vécu quotidien de la population de Likasi, regrettant les temps passés de l'époque de Mobutu".

Dans une lettre adressée le 12 mars à Monsieur Lambert Mende Omalanga, Ministre de la Communication et des médias, Journaliste en danger (JED) a demandé notamment "de lever les mesures arbitraires et illégales frappant la RCK, la RTL4 et la RPE; et de faire lever la sanction frappant l'animateur radio Gilbert Nawezi de la RPE".

JED a fondé son exigence sur le fait qu'"aucun texte légal en RDC ne donne mandat à un Maire de la ville, à l'exécutif provincial et même au parlement provincial d'interdire un média pour son contenu". JED considère que "les médias ne peuvent impunément continuer à servir de boucs émissaires faciles chaque fois que les politiques conduites par les autorités locales montrent leurs limites ou faiblesses et que la rue se met à gronder comme c'est le cas à Likasi aujourd'hui".

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