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RFI coupée sur tout le territoire: Lambert Mendé met ses menaces à exécution

(JED/RSF/IFEX) - Reporters sans frontières et son organisation partenaire en République démocratique du Congo, Journaliste en danger (JED), condamnent avec la plus grande fermeté la coupure, depuis le 26 juillet 2009, des relais FM de Radio France Internationale (RFI) sur l'ensemble du territoire congolais. Les deux organisations demandent aux autorités de Kinshasa de lever cette interdiction.

"Cette mesure ne fait que confirmer l'acharnement de certains officiels contre RFI et fait craindre une dérive autoritaire en RDC", a déclaré Donat M'Baya Tshimanga, président de Journaliste en danger. "Le gouvernement de Kinshasa vient de prendre une décision très préoccupante. En fermant RFI, il prive plus de la moitié de la population congolaise d'un accès nécessaire à une information indépendante", a ajouté Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Plutôt que de faire taire RFI, les deux organisations rappellent aux autorités congolaises qu'elles peuvent exercer leur droit de réponse quand elles le jugent nécessaire.

Depuis le 26 juillet, plusieurs témoignages concordants obtenus par JED dans la capitale Kinshasa, à Lubumbashi (province du Katanga, sud-est du pays), à Kisangani (province orientale, nord-est du pays) et à Matadi (province du Bas-Congo, ouest du pays), font état de la coupure des émissions en FM de RFI.

Interrogé au téléphone par Reporters sans frontières, le 27 juillet, le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mendé Omalanga, a confirmé que les relais de RFI avaient été coupés. "Je ne suis pas en mesure de faire de déclaration publique aujourd'hui. Nous organiserons un point-presse demain à Kinshasa, au cours duquel nous expliquerons les raisons qui nous ont poussé à prendre cette grave décision", a déclaré le ministre. Une délégation de Journaliste en danger a été invitée par le ministre et sera présente à ce point-presse, prévu à 13h00 (heure locale), au Grand Hôtel de Kinshasa.

Selon RFI, cette mesure est "officiellement justifiée par la diffusion, sur nos antennes, d'informations émanant de la MONUC (Mission de l'Organisation des Nations Unies en RD Congo) - des informations expliquant les raisons pour lesquelles certaines unités d'anciens rebelles, récemment intégrées dans l'armée congolaise, ont choisi de déserter". Pour la station internationale française, il s'agissait simplement "d'une restitution normale des éléments d'informations portés à la connaissance du public lors d'une conférence de presse le 22 juillet."

Le signal de RFI est coupé à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu (Est), depuis le 10 juin dernier. Lambert Mendé avait alors déclaré : "Nous reprochons (à RFI) d'inciter les militaires à désobéir, à se révolter, à créer des troubles dans les casernes, alors que notre pays est en guerre."

Reporters sans frontières a recueilli plusieurs témoignages de citoyens du Kivu affectés par cette mesure. Eric Muvomo, président de l'association de défense des droits de l'homme ACMEJ/DH, basée à Luvungi, près de Bukavu, a déclaré: "Cette mesure draconnienne du ministre Lambert Mendé n'a pas plu à la population de la plaine de la Ruzizi-Sud-Kivu. La population doit être informée sur la situation de l'armée dans notre province et sur les opérations militaires telles que Kimia II."

Le directeur d'une radio locale a confié à Reporters sans frontières: "Que fera-t-on des petites radios locales? La coupure de RFI est un message fort, signifiant que les autorités sont prêtes à tout, même à la fermeture de tous les autres médias."

"C'est sûr que RFI nous manque beaucoup à Bukavu. Nous digérons mal une telle fermeture, décidée subitement et sans aucune consultation populaire", a pour sa part affirmé un militant des droits de l'homme.
De quoi discutent les autres membres de l'IFEX

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