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Le meurtre d'un journaliste met en lumière la détérioration de la liberté de la presse dans l'est du pays

Le journaliste Bruno Koko Chirambiza a été poignardé mortellement le 23 août dans l'est de la R.D.C.
Le journaliste Bruno Koko Chirambiza a été poignardé mortellement le 23 août dans l'est de la R.D.C.

JED

Un présentateur de la radio a été poignardé à mort le week-end dernier à Bukavu, dernier en date d'une série d'événements qui suscitent de graves inquiétudes pour la liberté de la presse dans l'est de la République démocratique du Congo. C'est ce que rapportent Journaliste en Danger (JED), l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

Bruno Koko Chirambiza, journaliste à la station de radio privée « Radio Star », et un ami sont tombés le 23 août dans un guet-apens tendu par huit assaillants vêtus en civil, tandis qu'ils rentraient chez eux après avoir assisté à une noce, indiquent les membres de l'IFEX. Selon RSF, les circonstances de l'attentat donnent à penser qu'il était la personne visée : son ami s'en est tiré indemne et aucune des possessions de Chirambiza ne lui a été dérobée.

Chirambiza a été inhumé le lendemain de son décès, sans qu'une autopsie n'ait été pratiquée. Cette autopsie « aurait constitué un bon départ pour identifier les auteurs ainsi que le motif du crime », dit JED.

JED exige que les autorités provinciales de Bukavu prennent au sérieux l'enquête sur le meurtre, au lieu de se contenter de l'attribuer à l'insécurité générale qui sévit au Sud-Kivu. « Sinon, elles risquent de soutenir l'impunité de ceux qui s'en prennent ouvertement aux journalistes et aux médias à cause de leur travail », dit JED.

Chirambiza est le troisième journaliste à être assassiné dans des circonstances mystérieuses ces dernières années dans cette ville du Sud-Kivu, disent les membres de l'IFEX. Deux journalistes d'une station de radio dirigée par l'ONU, « Radio Okapi », Serge Maheshe et Didace Namujimbo, ont été assassinés le 13 juin 2007 et le 21 novembre 2008, respectivement.

Au cours de la dernière année, les journalistes ont dû faire face à des risques accrus dans la couverture des combats qui ont repris entre les forces armées de la RDC et d'autres groupes armés dans l'est de la RDC, notamment les forces rebelles Hutu du Rwanda, près de la frontière avec ce pays.

La semaine dernière, l'Agence nationale de renseignement (ANR) a menacé de fermeture trois stations de radio de Butembo, au Nord-Kivu, si elles continuent de retransmettre le signal de Radio France Internationale (RFI), indiquent les membres de l'IFEX.

Depuis le 26 juillet, la transmission des émissions de RFI est interdite dans tout le pays, après que RFI eut expliqué pourquoi certaines milices auraient déserté l'armée.

Le ministre des Communications avait accusé RFI de « tenter d'inciter les soldats à désobéir à leurs supérieurs et à se révolter, et de susciter des problèmes dans les casernes pendant que le pays est en guerre », rapportent RSF et JED.

« Nous assistons à une intensification des attaques du pouvoir contre la liberté de la presse et les médias internationaux qui font état de la situation qui règne dans l'est du pays », dit Tshivis Tshivuada de JED. « Cette information, la couverture de l'extorsion que pratique l'armée congolaise sur la population civile, est extrêmement gênante pour le gouvernement. Voilà la raison pour laquelle RFI, la station la plus écoutée du peuple congolais, s'est vu couper son signal. »

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