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Un journaliste est abattu tandis que s'accroît le nombre des attentats contre la presse

Un journaliste qui avait traité récemment de l'arrestation d'individus accusés de trafic d'armes en vue d'activités criminelles a été retrouvé abattu la semaine dernière dans le village de Kirumba, dans l'est de la République démocratique du Congo, selon ce que rapportent Journaliste en danger (JED) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Kambale Musonia, qui animait une émission quotidienne sur la Radio Communautaire de Lubero Sud, a été abattu à quelques mètres de chez lui le 21 juin. Des témoins qui ont entendu les coups de feu ont rapporté que les tueurs semblent avoir attendu Musonia tandis qu'il revenait chez lui après sa journée à Congo Chine Télécoms, où il travaillait également comme agent local de communications, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

D'après JED, quatre jours avant sa mort, Musonia avait animé une émission en direct intitulée « Kirumba Debout » dans laquelle un dirigeant local de la société civile et des appelants avaient attribué la criminalité violente dans le village à des gangs locaux opérant avec la complicité de la police.

Musonia est le sixième journaliste abattu par balles au cours des quatre dernières années rien qu'au Nord et au Sud Kivu, indique JED. Les autorités locales de cette région instable de l'est de la RDC négligent invariablement d'enquêter et de traduire en justice les assassins de journalistes, dit le CPJ.

La mort de Musonia survient au milieu d'une série d'attaques contre la presse et pendant la période précédant les élections présidentielles de novembre.

Baby Balukuna, journaliste et animateur à la chaîne privée Radio Lisanga Télévision (RLTV), a été attaqué à la station le 19 juin à coups de bâton et de machette par un groupe d'inconnus.

Selon JED, Balukuna venait tout juste de terminer son émission, « Appuyons Étienne Tshisekedi », un segment quotidien d'appui à la campagne du candidat d'opposition Tshisekedi, et de quitter les ondes.

Quatre jours auparavant, Radio Télévision Lubumbashi JUA, un réseau privé appartenant à Jean-Claude Muyambo, a été attaqué et partiellement incendié par des partisans du gouverneur provincial Moïse Katumbi, selon ce que rapporte JED. Ancien ministre et membre du mouvement politique affilié au Président, Muyambo avait apparemment critiqué la gestion de la province dans une interview accordée à des journalistes belges et qui avait été diffusée sur des chaînes locales.

« Depuis des années, la violence contre les médias est une constante dans le pays », dit Reporters sans frontières (RSF). « Alors qu'il ne reste que trois mois avant l'élection présidentielle, ce qui exacerbera inévitablement les tensions, les autorités ont davantage de motifs que d'habitude pour déployer immédiatement les ressources nécessaires, quelles qu'elles soient, afin d'assurer la sécurité du personnel des médias et de désamorcer la tension. »

Tant JED que RSF appellent à des mesures concrètes pour protéger les journalistes et combattre l'impunité.

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