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La chaîne pro-opposition RLTV interdite pendant une semaine

(JED/IFEX) - Kinshasa, le 14 juillet 2011 - Dans une lettre ouverte adressée, mercredi 13 juillet 2011 à M. Lambert Mende, ministre de la Communication et des Médias, suite à l'interdiction de la chaîne privée de télévision Radio Lisanga Télévision RLTV, Journaliste en danger (JED) a condamné fermement "un acte manifestement arbitraire à tous points de vue", et exigé la reprise immédiate des émissions de cette chaîne proche de l'opposition.

Pour JED, cette décision qui s'ajoutait à d'autres actes d'intolérance politique qu'on enregistre depuis quelque temps à Kinshasa et dans certaines provinces de la RDC, risquait de compromettre gravement la tenue d'élections démocratiques, transparentes et apaisées que tous appellent de leurs vœux.

RLTV a été autorisé à reprendre, sans conditions, ses émissions le 15 juillet 2011.

Dans sa lettre, JED a constaté qu'alors qu'au cours d'une conférence de presse tenue, mardi 7 juillet 2011, M. Mende s'est félicité de ne plus voir la RDC figurer sur la liste des Etats africains "prédateurs" de la liberté de la presse dans le classement annuel établi par Reporter sans frontières, il n'a pas hésité à "démentir" ce rapport en signant, 48 heures après, un acte qui confirmait la mauvaise image de la RDC, qui occupe la 148ème place sur les 178 pays du monde en terme du respect de la liberté de la presse. Pour JED, les accusations portées contre la RLTV de faire "l'apologie de la violence" et de contribuer à "perturber l'ordre public" ne reposent sur aucun fondement.

Selon les informations recueillies par JED, le signal de RLTV avait déjà été coupé, samedi 9 juillet 2011 peu avant midi. L'arrêté signé par M. Mende et diffusé dans la soirée sur les ondes de la chaîne publique n'a fait que "régulariser" une bavure, constate JED, qui rappelle que deux semaines plus tôt, le 19 juin 2011 Baby Balukuna, journaliste-présentateur, sur la même chaîne, d'une émission de soutien à la candidature présidentielle de M. Etienne Tshisekedi, leader de l'opposition, avait été violemment agressé à coups de machettes et de bâtons, au sortir de son émission, par un groupe de personnes inconnues. A ce jour, aucune enquête n'a été menée sur cette attaque.

En tout état de cause, a conclu JED dans sa lettre, des considérations d'ordre politique ne doivent en aucun cas légitimer des opérations de censure déguisées, à l'aube de la campagne présidentielle.
De quoi discutent les autres membres de l'IFEX

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