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Les médias disent non aux insultes des politiciens

Le Président de la R.D.C., Joseph Kabila, ci-dessus, compte des partisans qui ont injurié et agressé des journalistes en prévision des élections de novembre
Le Président de la R.D.C., Joseph Kabila, ci-dessus, compte des partisans qui ont injurié et agressé des journalistes en prévision des élections de novembre

Reuters

Des organisations de journalistes et des cadres supérieurs d'entreprises de médias de la République démocratique du Congo ont imposé un embargo de six mois sur la couverture médiatique d'un député en raison de son comportement violent contre les médias. Ce n'est là qu'une tactique dans leur campagne contre l'« accroissement perceptible » des attaques dirigées contre les journalistes à l'approche des élections prévues pour novembre, indiquent Journaliste en danger (JED) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Au début du mois, Yves Kisombe, qui appartient au Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), a utilisé un langage extrêmement violent pour insulter et menacer Eugénie Ntumba, rédactrice en chef de la station de télévision « RTVS1 », au cours d'une entrevue. En réaction, certains groupes de médias ont annoncé l'embargo de six mois sur la couverture médiatique des activités de Kisombe et la mise sur pied d'un réseau de soutien à Ntumba.

Environ 200 journalistes congolais, dirigés par le groupe JED, se sont rendus le 26 août devant l'Assemblée nationale à Kinshasa pour exiger la démission de Kisombe, ainsi que pour montrer leur profonde indignation à la suite de rapports faisant état de violence similaire de partisans du Président Joseph Kabila, qui ont agressé physiquement et verbalement des journalistes.

À la suite de la marche, le CPJ rapporte qu'une délégation de journalistes présidée par Polydor Muboyayi, chef de l'Observatoire des médias congolais, un groupe d'auto-réglementation, a rencontré le président de l'Assemblée nationale, Évariste Boshab. « Nous ne comprenons pas comment des gens qui détiennent un siège au parlement, qui débattent des questions de genre, peuvent tenir de tels propos », aurait dit Muboyayi à Boshab.

Muboyayi a également pressé les autorités d'assurer la sûreté des journalistes avant et après l'élection présidentielle de novembre, et fait remarquer que les meurtres de plusieurs journalistes survenus depuis 2005 restent non résolus. « Pendant cette période délicate, nous ne voulons pas que les journalistes soient l'herbe écrasée dans un combat d'éléphants », dit-il.

Répondant aux marcheurs, Boshab a déclaré qu'il n'avait pas écouté l'enregistrement de l'entrevue de Ntumba, mais qu'il avait référé la question au procureur public. Les marcheurs se sont dirigés vers lui lorsqu'il a prié les médias d'informations de couvrir la nouvelle de façon impartiale afin de garantir leur sûreté.

La crédibilité de Boshab en ce qui concerne les questions liées à la liberté de la presse a reçu un coup récemment. Une semaine à peine avant la marche, les gardiens de sécurité de Boshab ont attaqué le caméraman Serge Kembila de Radio Télévision Groupe l'Avenir (RTGA) qui filmait des sièges vides lors d'un congrès du parti au pouvoir dans un stade de Kinshasa, selon ce que rapporte JED. Kembila a déclaré à JED que les gardiens de sécurité ont sauté sur lui et ont confisqué les séquences qu'il avait prises.

Ironiquement, dit le CPJ, la station de Kembila appuie ouvertement le Président Kabila, et la station de Ntumba appartient au Premier ministre désigné par le Président, Adolphe Kizito. Un éditorial du 2 août dans « L'Avenir », journal frère de RTGA, donnait l'explication suivante : « Pendant cette période, les médias sont en forte demande. Mais ils sont aussi les boucs émissaires des politiciens. »

RSF a également mis au jour un complot qui aurait visé à assassiner Kizito Mushizi, un journaliste très en vue qui est maintenant l'attaché de presse provincial de l'Union pour la Nation congolaise (UNC), d'opposition. Le complot allégué serait motivé par la crainte que Mushizi ne mobilise l'appui public en faveur de l'UNC.

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