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Des médias achetés dégradent le climat électoral déjà entaché de violence

Au moins 18 personnes ont été tuées et 100 autres blessées dans la violence qui a précédé les élections du 28 novembre 2011
Au moins 18 personnes ont été tuées et 100 autres blessées dans la violence qui a précédé les élections du 28 novembre 2011

Giampaolo Musumeci/Centre National de Coopération au Développement

Juste avant une élection fortement contestée et d'une violence brutale, le groupe Journaliste en danger (JED) a condamné l'absence de normes dans les médias et l'inaction de l'organisme de réglementation de la radiodiffusion de RDC, facteurs qui ont contribué aux divisions massives survenues dans le pays.

Dans une lettre qu'il a fait parvenir le 18 novembre à l'agence de réglementation de la radiodiffusion de la RDC et à la Commission électorale, JED fait remarquer l'absence d'impartialité dans la couverture de la campagne électorale, qu'il attribue au fait que les médias étaient tous achetés par certains partis politiques.

« Les médias congolais se livrent à une frénésie de propagande », dit JED. L'absence en fait de couverture médiatique objective a nui à la capacité des électeurs de faire des choix informés, ce qui a « fait perdre aux élections leur caractère démocratique », a ajouté JED.

Au moins 18 personnes ont été tuées et 100 autres blessées dans la violence qui a précédé les élections du 28 novembre 2011 - la majorité d'entre elles aux mains de soldats de la Garde républicaine qui ont tiré au hasard sur la foule d'opposants en colère, d'après Human Rights Watch.

Le jour du scrutin, trois hommes ont été tués et treize autres personnes, dont dix femmes, ont été enlevées par l'Armée de résistance du Seigneur tandis qu'elles se dirigeaient vers les bureaux de vote, rapporte Human Rights. Les soldats présents devant les bureaux de vote se livraient à de l'intimidation contre certains électeurs, ce qui a empêché certains partis politiques de livrer leur matériel d'élection parce que la livraison de documents avait été bloquée, ajoute Human Rights Watch.

Le 9 décembre, le président en exercice Joseph Kabila a été déclaré vainqueur avec 49 pour 100 des voix, suivi du dirigeant de l'opposition Étienne Tshisékédi avec 32 pour 100, d'après ce qu'indiquent les dépêches. Dénonçant la fraude électorale, les partisants de l'opposition ont réagi en descendant dans la rue. Ces manifestations ont dégénéré en violence et ont fait plusieurs morts.

Selon un reportage d'Al Jazira, dans certains districts, près de 100 pour 100 des électeurs inscrits se sont présentés aux urnes et ont presque tous donné leur voix à Kabila - signe vraisemblable de fraude.

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  • Lettre ouverte de JED au CSAC et à la CENI

    Dans la lettre, JED a exprimé sa déception au regard de la manière dont se déroule la campagne électorale dans les médias et de l'indifférence de ces deux organes régulatrices face à cette dérive.



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