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Un journaliste détenu depuis deux semaines, accusé de diffamation

MISE À JOUR: Bruno Kabwe relaxé après deux semaines de détention (JED, le 6 juillet 2012)

(JED/IFEX) - Le 4 juillet 2012 - Journaliste en danger (JED) est scandalisée par la détention prolongée et en toute illégalité de Bruno Kabwe, directeur intérimaire de la Radio Parec (Programme Œcuménique de paix, transformation des conflits et réconciliation), une radio communautaire émettant à Kalemie, une cité située à plus ou moins 900 kms de la ville de Lubumbashi, chef-lieu de la province
du Katanga (Sud-est de la RDC), sur ordre d'un colonel des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC).

Selon nos informations, Bruno Kabwe a été arrêté depuis le vendredi 22 juin 2012 et directement conduit au cachot de la 61ième brigade des FARDC où il se trouve détenu et privé de toutes visites de ses proches. Le journaliste est accusé d'avoir passé sur les ondes de sa radio des propos qualifiés de « peu discourtois » à l'endroit du colonel Jean-Marie Izumbu surnommé igwé, commandant en chef de la 61ième brigade des FARDC.

La Radio Parec a diffusé dans son journal parlé du mercredi 20 juin 2012 une information relative à l'arrestation, par les éléments de la 61ième brigade des FARDC, d'un pasteur d'une église locale, accusé de connivence avec des miliciens du groupe armé « Maï Maï Yakutumba ». La Radio Parec est accusée par le colonel Jean-Marie Izumbu de l'avoir diffamé en affirmant qu'il avait emporté les biens se trouvant dans la maison du pasteur au moment de son arrestation.

Contacté par JED, un journaliste de la Radio Parec a démenti les accusations formulées contre leur média. « Nous avons annoncé seulement l'arrestation de ce pasteur de l'église protestante sans donner les détails », a témoigné le journaliste.

Quant au journaliste qui a présenté le journal parlé incriminé, Guillaume Amisi, il vit depuis quelques jours en clandestinité par peur d'être arrêté. Une convocation lui a été délivrée, mercredi 27 juin 2012, par le service de renseignements de la 61ième brigade des FARDC.

JED considère cette arrestation de journaliste comme un acte extrêmement grave d'atteinte à la liberté de la presse, et d'abus de pouvoir par un officier supérieur des Forces armées qui n'a ni compétence pour connaitre d'un délit de presse, ni le droit de se rendre justice.

Par conséquent, JED demande instamment au chef d'Etat Major des FARDC d'ordonner la libération immédiate du journaliste détenu illégalement depuis deux semaines et de s'assurer que l'acte de cet officier indélicat ne reste impuni.

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