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Inquiétude pour le respect des médias après la prise de Goma par les rebelles en RDC

MISE À JOUR : À Goma, les médias censurés par le M23 retrouvent leur liberté d'émission (JED/RSF, 4 décembre 2012)

(JED/RSF/IFEX) - 21 novembre 2012 - Reporters sans frontières (RSF) et Journaliste en danger (JED) expriment leur profonde préoccupation à la suite des premières mesures prises par les responsables de la rébellion du M23 à l'encontre des médias, au lendemain de leur prise de la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord Kivu (Est).

Les deux organisations, conscientes de l'ampleur des violences commises à l'encontre des civils, se disent également très inquiètes pour la sécurité des acteurs de l'information, à Goma et plus généralement dans l'est du pays.

"La prise de la ville de Goma s'accompagne d'une prise en main des médias. Les rebelles du M23 se comportent en directeurs d'organes de presse et en rédacteurs en chef. Nous leur rappelons qu'il ne leur appartient aucunement de décider du contenu des informations diffusées par les médias", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"Depuis hier, à Goma, la population n'a plus accès aux informations qui proviennent de la capitale. Plutôt que de vouloir contrôler l'information et anéantir le pluralisme des opinions en n'autorisant qu'une seule voix – la sienne –, le M23 devrait garantir à la presse le droit de travailler en toute indépendance et en toute sécurité", a ajouté Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Journaliste en danger.

Selon des sources locales, les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont ordonné, sans préavis, la coupure des signaux d'émission de trois médias émettant à Kinshasa, la capitale, et captés en relais à Goma, tombée depuis le 20 novembre 2012 sous leur contrôle.

Il s'agit de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), de Digital Congo et de la Radio Télévision du Groupe l'Avenir (RTG@), respectivement média public et chaînes proches du pouvoir. Leurs signaux ont été coupés le 20 novembre, vers 14 heures, sur ordre verbal de M. Vianney Kazarama, porte-parole du M23.

Les mêmes sources rapportent que le porte-parole du M23 s'est rendu en personne, après la prise de la ville, au Mont Goma où sont implantées les antennes des médias locaux, nationaux et internationaux captés en relais dans cette ville. Il a enjoint le responsable du service du Réseau National des Télécommunications par Satellite (RENATELSAT) de couper les signaux d'émission de ces trois médias. Ceux des médias internationaux et de la chaîne privée Raga (émettant à partir de Kinshasa et diffusant en relais les programmes de Voice of America) n'ont en revanche pas été coupés.

Contacté par JED, un journaliste de la presse locale a déclaré que tous les médias locaux ont reçu une stricte interdiction de diffuser les informations émanant du gouvernement de Kinshasa. "Le M23 a demandé à la station provinciale de la RTNC de ne diffuser que les informations aidant la population à comprendre leur idéologie et aux médias privés d'appuyer leur mouvement dans son implantation", a-t-il témoigné.

Les deux organisations condamnent vigoureusement cette grave atteinte à la liberté de la presse et demandent aux responsables de ce mouvement armé de lever cette mesure, sans délai et sans conditions, afin de permettre à la population d'accéder à une information plurielle et diversifiée.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l'unanimité la résolution 2076 condamnant fermement les violations des droits de l'homme commises par le M23 et appelant au respect de l'intégrité du territoire congolais. Cette résolution exige que le M23 se retire de la ville de Goma et que les rebelles déposent les armes sans délai.

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