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Connexion interrompue en RDC : le gouvernement tarit l'information à la source

Des policiers détiennent un manifestant lors d’une manifestation à Goma, RDC, le 9 janvier 2015.
Des policiers détiennent un manifestant lors d’une manifestation à Goma, RDC, le 9 janvier 2015.

REUTERS/Kenny Katombe

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 20 janvier 2015.

A la suite des manifestations populaires contre l'adoption d'une nouvelle loi électorale, qui ont fait entre quatre et dix morts à Kinshasa le 19 janvier 2015, le gouvernement a ordonné la coupure des connexions Internet sur l'étendue du territoire.

Selon des témoignages recueillis par Reporters sans frontières (RFS) à Kinshasa et dans le Nord-Kivu, il est impossible depuis hier soir de se connecter à Internet via les opérateurs nationaux ou d'envoyer des SMS. Certains signalent même l'impossibilité de passer des appels via les opérateurs téléphoniques nationaux et expliquent avoir recours aux réseaux des opérateurs des pays voisins qui "débordent" sur le territoire de la République.

Brutalité policière

Lors des manifestations, un caméraman de Télé Kin, Shoming Kasiama, a été chargé par les policiers et blessé alors qu'il filmait la répression des forces de l'ordre qui auraient tiré à balle réelle pour disperser la foule. Le signal de Télé Kin et de la Radio Télévision Catholique Elikya, qui avaient osé diffuser le communiqué de l'opposition appelant à manifester contre l'adoption de la loi électorale, est coupé par les autorités depuis le 16 janvier.

"Ces actes de violence et la coupure des moyens de communication constituent une grave atteinte à la liberté d'expression et d'information du peuple congolais," déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. "RSF et Journaliste en Danger (JED), son partenaire en RDC, appellent la communauté internationale à condamner rapidement et fermement ces mesures attentatoires aux libertés publiques. En l'absence d'une telle prise de position, il est à craindre que d'autres mesures liberticides soient prises, en toute impunité, dans les mois à venir durant lesquels sont prévues plusieurs échéances électorales."

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