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RDC : La liberté de l'information sous haute surveillance, à quelques mois des élections

Manifestants anti gouvernementaux se réunissent à Kinshasa, RDC, le 19 janvier 2015
Manifestants anti gouvernementaux se réunissent à Kinshasa, RDC, le 19 janvier 2015

AP Photo/John Bompengo

JED appelle le gouvernement de la République Démocratique du Congo, et à travers lui, les services de sécurité et de renseignements sous ses ordres, à desserrer l'étau autour des médias et des journalistes indépendants qui croupissent sous diverses pressions politiques, économiques et judiciaires.

Plus précisément, JED demande aux autorités congolaises d'ordonner la réouverture d'au moins une dizaine de médias actuellement fermés sur l'ensemble du pays, et de décréter un moratoire sur les arrestations et emprisonnements des journalistes pour des motifs liés à leur travail.

A quelques mois des échéances politiques majeurs, dont les élections locales, législatives et présidentielles, le constat qui se dégage est que les services de sécurité exercent une surveillance accrue sur les médias. Cela a commencé dès le mois de janvier avec la coupure pendant de longues semaines de la connexion internet, de l'accès aux réseaux sociaux et la fermeture de plusieurs médias qui couvraient les manifestations de l'opposition.

Au total donc, et depuis le début de cette année, au moins 52 cas d'atteintes diverses à la liberté de l'information ont été enregistrés dont les plus flagrants sont :

1- L' assassinat, jeudi 16 avril 2015, de Soleil Balanga, journaliste à la Radio Communautaire de Monkoto, émettant à Monkoto, dans la province de l'Equateur (Nord-Ouest de la RDC). Le journaliste a été violemment attaqué à l'aide d'un couteau par un individu qui lui a tranché la gorge pour avoir diffusé une information annonçant le départ de son père de la direction de cet hôpital. Aujourd'hui, et malgré l'arrestation de l'auteur de cet acte odieux, aucune avancée concrète n'est à signaler dans la procédure judicaire.

2- La condamnation à 11 mois de prison de Mike Mukebayi, directeur du journal « Congo News », après 7 mois de détention . Le journaliste est poursuivi depuis août 2014 par la justice congolaise pour « imputations dommageables » suite à la publication d'un article dont il n'était pas l'auteur.

3- La fermeture, depuis le 14 novembre 2014, d'une série de radios émettant à Béni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu, par le Ministre des Médias. La Radio Ngoma FM, la Radio Liberté (RALIB), la Radiotélévision Rwanzururu (RTR), la Radiotélévision Graben et la Radio FOURU ont été accusées de complicité avec des groupes armés rebelles et d'avoir diffusé des émissions et des messages appelant la population à se soulever contre les autorités congolaises et la mission des Nations Unies (MONUSCO).

4- La coupure sans aucun avis préalable, depuis le vendredi 16 janvier 2015, par l'Agence Nationale des Renseignements (ANR), des signaux d'émission de Canal Kin TV (CKTV) et de la Radio Télévision Catholique Elikya (RTCE), chaînes émettant à Kinshasa, pour avoir diffusé le message de l'opposition « appelant la population à manifester contre un projet de la loi électorale » susceptible de prolonger le mandat de l'actuel Président Joseph Kabila.

5- La fermeture, depuis le 24 novembre 2014, de la Radiotélévision Lubumbashi JUA (RTLJ), chaîne privée émettant à Lubumbashi, dans la province du Katanga, et appartenant à M. Jean-Claude Muyambo, ancien cadre de la mouvance présidentielle, passé dans l'opposition après ses nombreuses déclarations contre la révision Constitutionnelle devant permettre au Président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat.

6- La fermeture, le 23 avril 2015, de toutes les radios émettant à Moanda, ville située à plus plus de 200 Km de Matadi, chef-lieu de la province du Bas-Congo (Sud-ouest de la RDC), par le comité local de sécurité à la suite de la diffusion de reportages relatifs à des manifestations de la population contre l'insécurité entretenue par des éléments des forces armées.

Au regard de tout ce qui précède et qui accentue le sentiment général d'insécurité pour les journalistes et les médias, JED demande instamment à tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, de respecter strictement les droits pour les journalistes et les médias de pouvoir travailler en toute liberté, en toute indépendance et en toute sécurité, et de créer les conditions d'une couverture adéquate et objective par les médias, des échéances politiques en cours.

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