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JED se joint à RSF pour exiger la libération d'une journaliste détenue

Kinshasa, République démocratique du Congo, le 5 février 2013
Kinshasa, République démocratique du Congo, le 5 février 2013

Antoine Moens de Hase/Flickr, Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0)

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 17 octobre 2018.

Reporters sans frontières (RSF) appelle à la libération immédiate de la journaliste Sylvanie Kiaku, arrêtée puis inculpée pour diffamation en République démocratique du Congo (RDC).

Cela fait une semaine que Sylvanie Kiaku, journaliste pour l'hebdomadaire La Percée est détenue à la prison centrale de Kinshasa. Selon l'Observatoire de la Liberté de la Presse en Afrique (OLPA), la journaliste a été interpellée par la police judiciaire du Parquet de Kinshasa le 10 octobre, puis inculpée pour diffamation à l'encontre des responsables de la Banque Commerciale du Congo. Faute de pouvoir payer sa caution fixée à 1000 dollars, elle se trouve aujourd'hui en détention provisoire.

Deux articles portant sur le licenciement de 958 employés de la Banque Commerciale du Congo après une restructuration entre 1999 et 2001 ont valu à la journaliste d'être poursuivie. Documents à l'appui, elle avait révélé dans l'édition du 13 septembre de La Percée que 270 d'entres - eux étaient aujourd'hui décédés sans avoir reçu de compensation.

« Aucun journaliste ne devrait se retrouver en prison pour des faits de diffamation, estime Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique. Les autorités doivent immédiatement relâcher Sylvanie Kiaku en attendant que l'affaire soit jugée sur le fond et réformer sans tarder le cadre légal relatif à la liberté de la presse pour garantir le droit des journalistes à rapporter librement des faits ou à dénoncer des abus sans crainte de représailles ».

Sylvanie Kiaku avait déjà été arrêtée en 2011 pour le même motif. Elle avait dénoncé dans un article l'augmentation des actes de vandalisme commis par des gangs de jeunes sportifs. Les charges avaient finalement été abandonnées, mais elle avait préalablement passée une nuit en prison.

La détention de journaliste poursuivis pour diffamation est une pratique régulière en RDC. L'éditeur en chef du journal satirique Le Grognon, Tharcisse Zongia, est emprisonné depuis plus d'un mois. Il avait été arrêté le 6 septembre dernier puis condamné à un an de prison pour diffamation, la peine maximale en RDC pour avoir publié un article accusant le secrétaire général du ministère des Sports, d'avoir détourné des fonds publics destinés à l'équipe nationale de football. Six mois auparavant, le journaliste de la Radio Kilimandjaro Serge Olivier Nkongolo avait lui aussi été arrêté pour diffamation. Il avait publié un article sur son compte Facebook, dénonçant le comportement de certains membres du gouvernorat menaçant ou attaquant les médias, mais sans jamais les citer. Il a été libéré depuis.

La RDC s'appuie toujours sur une vieille loi de 1996 adoptée sous la dictature du Maréchal Mobutu pour la liberté de la presse. Lorsqu'ils sont inculpés pour diffamation, les journalistes peuvent être condamnés à une peine allant jusqu'à un an de prison. RSF a récemment demandé l'adoption d'une nouvelle loi consacrant la dépénalisation des délits de presse et garantissant un cadre légal plus protecteur pour les médias et les journalistes en RDC.

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