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Instantané de campagne : Lutter contre le harcèlement en ligne

Région Asie - FIJ (Fédération Internationale des Journalistes) - Violence et harcèlement en ligne

En 2017, la FIJ-AP a lancé la campagne Byte Back, un effort de médias sociaux à l'échelle régionale pour lutter contre le harcèlement des femmes en ligne. La FIJ-AP a partagé avec l'IFEX comment la campagne a démarré, certains des défis qu'ils ont surmontés lors de sa mise en œuvre, et leurs conseils pour ceux qui envisagent un travail similaire.

L’étincelle
La campagne Byte Back a vu le jour en novembre 2016, au sortir d’une séance de réflexion sur l’équité entre les sexes et le forum stratégique de la FIJ au Népal. Le forum a rassemblé des dizaines de militantes et syndicalistes de la région Asie Pacifique, et leur a donné une chance de discuter du problème du harcèlement en ligne et de ce qui pourrait être fait à ce sujet. Sur la base des expériences partagées par les participantes, cette campagne a été conçue à la fois pour lutter contre le harcèlement en ligne des femmes journalistes et créer des espaces en ligne pour leur permettre de s’exprimer librement.

La Campagne
La campagne fut officiellement lancée lors de la Journée internationale de la femme, le 8 mars 2017, et s’est poursuivie tout au long du mois. Les journalistes et les citoyens ont été invités à partager leurs idées pour lutter contre le harcèlement en ligne, promouvoir des exemples de réussite et mettre en évidence les lacunes en matière de sensibilisation et de politiques dans la lutte contre le harcèlement en ligne.

La campagne a reçu l’appui de plusieurs personnalités des médias, et fait la promotion de plusieurs blogues personnels, de vidéos et d’autres outils générés avec la contribution d’experts dans le domaine, ce qui s’est traduit par un taux d’adoption important de la part des médias sociaux.

Principaux défis

  • Comment obtenir la participation significative des parties prenantes? Le défi le plus important à surmonter consistait à savoir comment mobiliser les membres de la FIJ et les personnes concernées par le harcèlement en ligne.

  • Assurer la visibilité de la campagne à un moment où une pléthore de campagnes pour les droits des femmes est également mise en avant. Puisque le lancement de cette campagne a eu lieu le 8 mars, il était important que le message ne disparaisse pas dans la tempête médiatique entourant la Journée internationale de la femme.

  • Comment conserver l’intérêt des gens sur une période de 3 semaines? De nombreuses campagnes sur les médias sociaux connaissent un succès rapide, mais éphémère, ce qui réduit considérablement leur impact sur le long terme.

En prévoyant différentes actions tout au long de la campagne nous avons gardé les personnes intéressées et actives, tout en veillant à couvrir tous les aspects de la question sans toutefois donner trop d’information trop tôt.

Leçons de la campagne

  • Prévoir un scénario pour la campagne. L’intérêt pour la campagne a été maintenu en publiant différents composants chaque semaine, en commençant par des informations générales sur la question, puis en publiant le Guide pour lutter contre le harcèlement en ligne à mi-campagne, et des blogues de rédacteurs en chef et de journalistes chevronnés portant sur cet enjeu, la dernière semaine.

  • Utiliser les journées d’action, mais ne pas compter que sur ça. Bien que la campagne s’est servie de la Journée internationale de la femme pour prendre son envol, la diffusion de nouveaux contenus tout au long du mois de mars l’a empêché de perdre son élan, et lui a donné l’espace pour développer sa propre identité et audience.

  • La simplicité n’est pas une mauvaise chose. Le manque de ressources n’a pas besoin de limiter votre travail; beaucoup de choses peuvent être réalisées avec des illustrations intelligentes et un simple guide pratique sur ce que les gens peuvent faire pour participer à votre campagne.

  • Les personnalités apportent beaucoup. La participation de personnalités médiatiques, comme la présentatrice de nouvelles pakistanaise Maria Memon, s’est avérée essentielle pour diffuser le message à une audience qui n’aurait pas eu connaissance de la campagne.

  • Les lois, à elles seules, ne peuvent pas résoudre le problème du harcèlement en ligne. Bien que beaucoup de femmes journalistes ont déposé des plaintes auprès de la police et des plates-formes de médias sociaux, au final, c’est la solidarité communautaire des journalistes qui ont fait la différence pour mettre fin aux attaques et offrir un soutien. Par conséquent, la création de communautés de soutien en ligne devait être à la base des campagnes.

Des études de cas sur les réponses apportées contre la violence en ligne montrent clairement que les lois ne sont jamais une solution en soi. C’est la solidarité d’une communauté de journalistes qui ont contribué à faire une différence.

  • Pensez local, mais aussi (inter)national. La mobilisation des réseaux locaux a créé un effet d’entraînement; l’utilisation des langues locales dans les vidéos a permis de les utiliser dans les pays de la région; et les sous-titres ont fait en sorte que les messages locaux puissent être entendus par un public international.

  • La planification en personne n’a pas son pareil. En dépit d’être une campagne numérique, les rencontres en personne qui ont précédé le lancement furent essentielles pour garantir une compréhension commune des objectifs de campagne et développer un réseau solide pour la réussite de cette initiative.

  • Le harcèlement en ligne n’est pas un problème isolé, mais sa nature varie selon l’emplacement géographique. Par conséquent, ce qui fonctionne en Inde peut ne pas fonctionner aux Philippines (et vice versa), l’engagement des journalistes de la région, des syndicats et d’autres associations, a veillé à ce que l’on traite ce problème de manière appropriée pays par pays.

La plus grande leçon que nous avons apprise est que le harcèlement en ligne se manifeste de tant de manières dans la région, que chaque pays doit réfléchir à ses propres solutions pour aborder et combattre ce problème.

Partenaires de la campagne
SAMSN, un réseau de syndicats et d’associations de journalistes de l’Asie du Sud, était le principal partenaire de la campagne. La grande majorité des membres du SAMSN était présente à la réunion de novembre 2016, ce qui a permis à la FIJ de demander aux participants de devenir la personne ressource dans leur pays et leur organisation, afin de coordonner l’initiative.

Les membres du SAMSN ont participé à la campagne en publiant des documents, des vidéos, des citations et des photos sur les médias sociaux.

Pour certains matériaux, tels que les blogues, la FIJ a ciblé des personnes en fonction de leur expérience et de leur présence dans les médias.

La prochaine étape
Depuis la fin officielle de la campagne en mars dernier, la FIJ continue de promouvoir les matériaux développés, et les intègre dans son travail en général. Dans le Rapport annuel sur la liberté de la presse de l’Asie du Sud, publié en mai 2017, un chapitre traite pour la première fois de harcèlement en ligne, et en juin 2017, la FIJ a rejoint un groupe spécial à l’AG de l’IFEX pour discuter de harcèlement en ligne et des prochaines étapes.

La FIJ-AP s’est servi du matériel développé pour la campagne pour mettre à jour ses modules de formation sur l’équité entre les sexes et la sécurité avec des exemples pratiques issus de la campagne, ainsi que les meilleures pratiques et des solutions

Pour en savoir plus
Pour de plus amples informations sur la campagne Byte Back, consultez la page de la campagne de la FIJ-AP page.

ADDITIONAL INFORMATION
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