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Un journaliste de radio précédemment victime d'attentat assassiné à Guayaquil

(RSF/IFEX) - RSF espère l'élucidation rapide de l'assassinat dont a été victime, le 23 juin 2008 à Guayaquil (Ouest), Raúl Rodríguez, 64 ans, directeur adjoint de l'information de la station Radio Sucre. Le mobile reste à établir mais l'organisation rappelle que le journaliste avait déjà été la cible d'attentats.

"En raison de certaines menaces qu'il recevait, et de deux tentatives d'attentat contre sa personne, Raúl Rodríguez disposait d'une arme. Le journaliste ne comptait pas que des amis, à force de dénoncer, entre autres, des affaires de corruption à l'antenne. L'enquête doit tenir compte de ces antécédents, même si les premiers éléments n'indiquent en rien que l'assassinat soit lié à la profession de la victime", a déclaré RSF.

Après avoir présenté son programme matinal "Bonjour Équateur" sur les ondes de Radio Sucre, Rodríguez a regagné son quartier de Guayacanes (au nord de Guayaquil), le 23 juin aux alentours de 7h20 (heure locale). C'est en descendant de sa jeep que le journaliste a été attaqué par deux individus armés et vêtus de bonnets. L'un d'eux, accompagné d'une femme selon certains témoignages, a d'abord ouvert le feu dans le dos de la victime. Son complice, surgi d'un recoin, a tiré de face. Se protégeant derrière une voiture en stationnement, Rodríguez, déjà blessé, a dégainé et tenté de riposter. Treize impacts de balles ont été relevés sur les lieux du drame. Les assaillants ont pris la fuite à bord d'un taxi de marque Lada immatriculé GNZ-119, selon le quotidien "El Universo".

Atteint au thorax, à la clavicule et au pied gauche, Rodríguez a été transporté à l'hôpital par un proche à qui il devait rendre visite. Il est décédé d'une hémorragie consécutive à ses blessures.

Fondateur et animateur pendant vingt ans de la radio chrétienne HCJB2, Rodríguez l'avait quittée en 1984 pour rejoindre la rédaction de Radio Sucre, dont il était devenu directeur adjoint de l'information. Le journaliste y officiait dans trois programmes, "Bonjour Équateur", "Chroniques informatives" et un bulletin le samedi. Parfois virulent, il dénonçait à l'antenne, selon sa famille, des affaires de corruption impliquant pour certaines l'administration locale. Il ne ménageait pas non plus ses critiques envers le gouvernement. Très conservateur, il fustigeait également l'homosexualité et l'avortement.

Menacé ponctuellement par téléphone, toujours selon ses proches, Rodríguez avait été la cible d'un attentat en 2005. Des individus avaient ouvert le feu contre la façade de son domicile. Un an plus tard, six hommes avaient tenté de l'assassiner, de nuit, alors qu'il garait sa voiture.

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18 years after the abduction and sexual assault of @jbedoyalima, we're still waiting for @IACHumanRights to decide… https://t.co/6uXGtixQjA