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LE GOUVERNEMENT SAISIT DES STATIONS DE TÉLÉVISION

Les membres de l'IFEX sont alertés par le fait que la saisie, la semaine dernière, par le gouvernement de l'Équateur, de deux stations de télévision, ainsi que la fermeture d'une station de radio critique puissent constituer une mesure destinée à faire taire des radiodiffuseurs privés à la veille d'un référendum constitutionnel.

Appuyés par des dizaines d'officiers de police, les membres de l'Agence de garantie de dépôt (AGD) de l'Équateur se sont emparés le 8 juillet des stations de télévision privées Gamavisión et TC Televisión, parce qu'elles auraient eu des liens avec le Grupo Isaías, un groupe financier accusé de détournement de fonds à la fin des années 1990, selon ce que rapportent la Société interaméricaine de la presse (SIP), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et d'autres groupes membres de l'IFEX. L'AGD a suspendu les reportages sur les saisies et les a remplacés par un spectacle comique, et a interrompu toute la programmation normale des émissions d'informations sur toutes les stations.

Par ailleurs, le président Rafael Correa a remplacé le vice-président de la section informations et le directeur des deux stations de télévision par José Toledo, un journaliste et ancien officiel proche de Correa. Le ministre de l'Économie, Fausto Ortiz, a démissionné parce qu'il s'opposait à la décision du gouvernement.

« Il est évident que le nouveau directeur aura une vision différente de la rédaction et qu'il ne sera pas du tout indépendant de la position du gouvernement », dit la SIP.

D'après Reporters sans frontières (RSF), la direction des deux stations de télévision a qualifié les saisies de « violation de la libre expression ». Les propriétaires actuels des stations affirment n'avoir aucun lien d'affaires avec les deux hommes mis en accusation dans l'affaire de détournement de fonds.

La SIP attire l'attention sur les gouvernements latino-américains, comme celui de l'Équateur, qui instaurent, avec des fonds publics, des médias d'informations qui leur servent d'agents de propagande politique.

À la suite de la confiscation par l'ADG du journal « El Telégrafo » de Guayaquil l'an dernier, après que son principal actionnaire eut été emprisonné pour fraude, le gouvernement a promis que le journal serait vendu aux enchères. Le journal sert maintenant de « gazette officielle », dit la SIP.

Les membres de l'IFEX disent que l'action du gouvernement pourrait viser à miner l'indépendance des médias d'informations tandis que Correa cherche à accroître l'appui à un référendum constitutionnel qui sera tenu au cours de l'année. La proposition de constitution n'imposerait plus de limite au nombre des mandats présidentiels, accroîtrait les pouvoirs politiques du ministre de l'Économie et donnerait au gouvernement plus de contrôle sur la production de pétrole.

La situation se complique par la fermeture, le 7 juillet, de Radio Sucre, une station de radio critique située à l'extérieur de Guayaquil, dit le CPJ. Des représentants de la Commission nationale des télécommunications (Conatel), accompagnés de policiers, ont saisi l'équipement et scellé les bureaux de Radio Sucre, empêchant celle-ci de continuer à diffuser. Conatel a déclaré que la station utilisait une fréquence qui ne lui avait pas été attribuée.

Consulter les sites suivants :
- SIP : http://tinyurl.com/5zmjoq
- Institut pour la presse et la société (IPYS) (espagnol) : http://www.ipys.org/alertas/atentado.php?id=1529
- CPJ : http://tinyurl.com/5wu2cy
- RSF : http://www.ifex.org/en/content/view/full/95223/
(16 juillet 2008)

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