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Les membres de l'IFEX pressent le Président de retirer une poursuite de 80 millions de dollars US contre un journal

Le Président de l'Équateur Rafael Correa demande 80 millions de dollars US en réparations au journal « El Universo » et trois ans de prison pour ses cadres à cause de la publication d'un article « diffamatoire », selon ce que rapportent la Fondation andine pour l'observation et l'étude des médias (FUNDAMEDIOS), qui est membre par intérim de l'IFEX, et d'autres groupes membres de l'IFEX. Les membres pressent Correa de retirer sa poursuite.

D'après « El Universo », la plainte a été déposée le 22 mars - au nom de Correa à titre personnel et non en tant que dirigeant - mais le journal et ses employés n'ont pas été avisés formellement.

« Quand Rafael Correa est entré en politique, il a choisi volontairement de se soumettre à l'examen attentif du public et à la critique », dit le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). « Il est scandaleux qu'à titre de président il mette sa réputation personnelle devant l'intérêt national qui consiste à assurer un débat public robuste. »

La plainte a été suscitée par l'éditorial du 6 février « Non aux mensonges » d'Emilio Palacio, qui décrit Correa comme « le dictateur » et l'accuse d'avoir donné l'ordre de « tirer à volonté » sur un hôpital lors d'une rébellion de la police en septembre dernier.

Correa requiert des peines de trente-trois ans de prison contre trois des cadres du journal et contre Palacio.

Dans une lettre ouverte adressée à Correa, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Jean-François Julliard, qualifie ces poursuites judiciaires d'« excessives » tout en reconnaissant la « gravité » des accusations des journalistes contre le Président et la « nature insultante » de l'article du « El Universo ».

« Qu'espérez-vous réaliser en exigeant des sommes aussi exorbitantes en réparations, ou même en exigeant des peines de prison ? Pensez-vous que cela aidera à prévenir les insultes et la diffamation ? », demande Julliard. « Nous nous opposons de toutes nos forces à l'imposition de peines de prison pour délits de presse. »

La Société interaméricaine de la presse (SIP) décrit l'attitude du président comme « abusive, ridicule et disproportionnée ». Correa a défendu ses actions dans une interview diffusée sur le site web de nouvelles Ecuadorinmediato, qualifiant la chronique de Palacio d'irresponsable et insistant pour que les directeurs du journal soient tenus responsables de la parution de l'éditorial au même titre que le chroniqueur lui-même.

Human Rights Watch et le CPJ demandent à l'Équateur de retirer de son code pénal les dispositions sur la diffamation et l'insulte.

La recherche du CPJ montre que les dispositions dépassées de l'Équateur en matière de diffamation pénale sont utilisées de manière systématique pour punir les journalistes critiques.

En février, Correa a intenté contre deux journalistes des poursuites de 10 millions de dollars US pour avoir écrit « Big Brother », un livre sur des allégations de contrats gouvernementaux d'une valeur de plusieurs millions de dollars attribués au frère aîné du président, Fabricio Correa.

Selon le journal « El Mundo », ces dernières plaintes portent à 18 le nombre des poursuites judiciaires contre les journalistes et les propriétaires de médias en Équateur depuis l'arrivée au pouvoir de Correa, en 2007.

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