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La campagne de propagande contre les médias indépendants et une organisation de défense des droits prend de l'ampleur

(De gauche à droite) Mauricio Alarcón et César Ricaurte, de FUNDAMEDIOS, lors d’une rencontre avec l’IACHR sur la situation de la libre expression en Équateur PHOTO : Patricia Leiva/OAS
(De gauche à droite) Mauricio Alarcón et César Ricaurte, de FUNDAMEDIOS, lors d’une rencontre avec l’IACHR sur la situation de la libre expression en Équateur PHOTO : Patricia Leiva/OAS

Patricia Leiva/OAS

Tandis que des fonctionnaires du gouvernement interrompaient diverses émissions d'informations qui tentaient de discréditer FUNDAMEDIOS, le groupe membre de l'IFEX en Équateur, l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d'information (WAN-IFRA) mettait fin à une mission de défense de la liberté de la presse qui concluait que les travailleurs des médias indépendants dans le pays font face à un « climat d'hostilité » générale. Encore plus alarmantes sont les menaces de mort envoyées au même moment au personnel de la Fondation andine pour l'observation et l'étude des médias (FUNDAMEDIOS).

L'hostilité est agressivement incitée par les fonctionnaires du gouvernement, qui accusent faussement FUNDAMEDIOS de tout, depuis ses liens avec des groupes criminels jusqu'à négliger de rapporter les attaques contre les médias qui appartiennent au gouvernement. Les émissions du gouvernement visant FUNDAMEDIOS à la fin octobre et au début novembre ont incité les partisans du gouvernement à suggérer, par l'entremise des médias sociaux, l'« élimination » des membres de FUNDAMEDIOS, rapporte FUNDAMEDIOS.

Dans une déclaration, FUNDAMEDIOS a affirmé qu'elle « condamne fermement, comme fausse et malicieuse, la tentative pour nous associer à des individus qui, d'après le gouvernement, sont reliés à des crimes contre l'État ou à des conspirations ».

La campagne contre FUNDAMEDIOS s'est intensifiée après que l'organisation eut participé à une audience sur la liberté de la presse en Équateur devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme (IACHR) le 25 octobre à Washington. L'audience a été tenue à la demande même de FUNDAMEDIOS et d'autres membres de la société civile, en réaction à la campagne que mène le gouvernement contre la presse indépendante. Immédiatement après, l'IACHR a dit que le gouvernement équatorien a diffusé une émission, que toutes les stations de radio et de télévision ont été tenues de retransmettre, « contenant des affirmations visant clairement à discréditer l'organisation pétitionnaire FUNDAMEDIOS, son directeur [César Ricaurte], ainsi que les autres participants à l'audience ».

Réagissant fortement à cette intimidation, l'IACHR a rendu publique le 4 novembre une déclaration dans laquelle elle « exprime sa plus vive inquiétude devant le fait que certaines des personnes qui témoignent devant l'IACHR et qui participent à ses séances de travail subissent des menaces, des représailles et des actions en vue de les discréditer, de la part de particuliers et, dans certains cas, de hauts responsables de l'État ».

Un journaliste indépendant, Wilson Cabrera, qui travaillait à la station de radio « Voz de la Esmeralda Oriental », fermée récemment, a été empêché par les autorités de prendre l'avion pour assister à l'audience de l'IACHR, rapporte FUNDAMEDIOS.

« Ils tentent uniquement de protéger des intérêts d'affaires… qui sont en campagne constante contre le gouvernement », a affirmé le Chancelier équatorien Ricardo Patiño lors d'une conférence de presse où il s'est efforcé de discréditer l'intervention de FUNDAMEDIOS devant l'IACHR en affirmant que celle-ci était motivée par des intérêts économiques. « Ils se fichent bien des droits des citoyens de bien vivre. »

Le 3 novembre, par ailleurs, la WAN-IFRA a conclu sa mission de cinq jours au cours de laquelle elle a rencontré de nombreux médias indépendants et gouvernementaux, des officiels du gouvernement, ainsi que des représentants d'organisations locales.

La délégation a fait part de sa grave préoccupation devant la concentration naissante de la propriété des médias, qui passe, directement ou indirectement, sous le contrôle du gouvernement, devant les fréquentes attaques verbales contre les journalistes venant des officiels du gouvernement, et du Président, qui a recours à des amendes scandaleuses dans les poursuites en diffamation, que celles-ci soient pénales ou civiles, afin de ruiner les médias indépendants.

À l'heure actuelle, les journalistes Juan Carlos Calderón et Christian Zurita doivent répondre à une poursuite civile intentée par le Président, qui demande au tribunal d'ordonner des réparations de 10 millions de dollars US en rapport avec leur livre intitulé « El Gran Hermano » (« Le Grand Frère »), qui porte sur le rôle du Président dans la corruption gouvernementale, selon ce que rapporte la WAN-IFRA. D'après FUNDAMEDIOS, Calderón a reçu un appel téléphonique de menaces en octobre : « C'est là que vit Calderón, l'arrogant écrivain. Prépare-toi parce que c'est ton tour », a dit au téléphone une voix d'homme.

La poursuite vient immédiatement après l'imposition en juillet d'une amende de 40 millions de $US au personnel d'« El Universo » pour diffamation.

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