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Le rédacteur en chef d'un quotidien indépendant poursuivi pour avoir publié des rumeurs sur l'état de santé du Président

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières dénonce les accusations de "diffusion de fausses nouvelles pouvant causer des troubles à l'ordre public et nuire à la réputation du pays" formulées par le parquet de la sécurité de l'État à l'encontre du rédacteur en chef d'"Al-Doustour", Ibrahim Issa, le 5 septembre 2007.

"Cette affaire n'est qu'un prétexte utilisé par les autorités égyptiennes pour régler des comptes avec ce quotidien indépendant, dont le rédacteur en chef est connu pour ses critiques acerbes envers le gouvernement. Ibrahim Issa n'a pas été le premier à publier des rumeurs sur l'état de santé du Président, mais il a été le seul à être convoqué. Nous sommes d'autant plus préoccupés que cette affaire devrait être jugée par le parquet des affaires de presse et de publication et non pas par le parquet de sécurité de l'État", a déclaré l'organisation.

Ibrahim Issa a été convoqué, le 5 septembre, par le parquet et interrogé pendant près de sept heures au sujet de la publication d'articles faisant état de rumeurs sur l'état de santé du président Hosni Moubarak.

Depuis deux semaines, de nombreux journaux relayent ces rumeurs sur la dégradation de l'état de santé du Président. Pour mettre un terme à ces spéculations, le journal progouvernemental "Al-Ahram" a publié la semaine dernière une interview du chef de l'État, dans laquelle il accusait implicitement le mouvement islamiste des Frères musulmans, interdit dans le pays, d'être à l'origine de ces rumeurs. Le même journal avait publié, un peu plus tôt, un article accusant "Al-Doustour" d'être lié aux Frères musulmans.

Plus tôt cette semaine, la femme du Président avait déclaré à la télévision que son mari était en bonne santé et que les journalistes qui publiaient de tels rapports méritaient d'être punis. Le journaliste a, quant à lui, défendu sa position, estimant que la santé du Président ne devait pas être un secret d'Etat.

Le 3 septembre, Le Conseil suprême de la presse, contrôlé par l'État, a déclaré avoir créé deux commissions composées d'experts des médias et de consultants juridiques, afin d'évaluer l'ampleur de ces rumeurs et de décider des mesures à prendre.

Déjà, le 29 juin 2006, Ibrahim Issa et l'un de ses journalistes, Sahar Zaki, avaient été condamnés à un an de prison ferme et 10 000 livres égyptiennes (1 450 euros) d'amende pour diffamation envers le Président. La peine de prison avait ensuite été annulée par la cour d'appel d'Al-Warraq, qui avait doublé le montant de l'amende.

Poursuivi en vertu des articles 102 et 188 du code pénal, Ibrahim Issa risque jusqu'a quatre ans de prison.

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