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Une journaliste d'Al-Jazira et son caméraman arrêtés et interrogés suite à un reportage sur des travailleurs agricoles, leur enregistrement confisqué

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande aux autorités égyptiennes de mettre un terme au harcèlement dont est victime Howayda Taha, de la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazira. La journaliste et son caméraman ont été interpellés le 28 janvier 2008 alors qu'ils réalisaient un reportage sur des travailleurs agricoles dans le village de Nikla, dans la région de Giza (au sud-ouest du Caire).

"Les reportages d'investigation de Howayda Taha sur les abus physiques et les problèmes sociaux dont souffrent les Egyptiens dérangent profondément. La journaliste est déjà sous le coup d'une condamnation pénale et dans l'attente d'un jugement en appel. Nous demandons aux autorités de mettre fin à toute forme de vexations et intimidations à son encontre", a déclaré l'organisation.

Howayda Taha réalise une série de reportages sur "les oubliés et les exclus" dans le cadre d'un documentaire qui sera diffusé sur Al-Jazira. Contacté par Reporters sans frontières, son avocat, Me Ahmed Helmi, a affirmé que la journaliste se sentait poursuivie par des agents des services de renseignements. "Elle a été interpellée, dans la matinée du 28 janvier, après avoir recueilli plusieurs témoignages sur les problèmes de corruption et de chômage qui pèsent sur les habitants du village de Nikla", a-t-il déclaré. Des thèmes qui, selon lui, "ne font pas du bien à l'image du pouvoir".

Howayda Taha et son caméraman, Alaa Salah Eddine, ont été interrogés pendant quatre heures avant d'être libérés. La police a refusé de leur rendre leurs enregistrements. Aucune charge n'a été retenue contre eux, d'autant plus qu'ils possédaient une autorisation de tournage délivrée par le ministère de l'Intérieur.

La journaliste d'Al-Jazira a été condamnée, le 2 mai 2007, à six mois de prison et à 20 000 livres (environ 3500 euros) d'amende pour "atteinte à l'intérêt national" par la Cour pénale de sécurité de l'État suite à la réalisation d'un reportage sur la torture des prisonniers en Egypte. Son procès en appel devrait s'ouvrir le 11 février (consulter les alertes de l'IFEX du 9 mars, 31, 18 et 16 janvier 2007; veuillez noter que dans les alertes précédentes, le nom de la journaliste est épelé "Huwaida Taha Mitwalli").

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