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LA RÉPRESSION DE L'UTILISATION DE L'INTERNET PREND DE L'AMPLEUR

Tandis que sa blogosphère prospère, l'Égypte trouve de nouveaux moyens de réprimer les blogueurs et autres usagers de l'Internet.

Le 9 août, le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) rapportait que le gouvernement égyptien oblige maintenant les cafés Internet à rassembler et à conserver des renseignements personnels - notamment les noms, adresses de courriel et numéros de téléphone - des usagers de l'Internet. De plus, les usagers des cafés Internet doivent posséder un téléphone mobile afin de pouvoir vérifier leurs renseignements personnels, y compris un numéro d'identification personnel.

Selon l'ANHRI, ces mesures équivalent à de la censure, violent la vie privée, découragent l'accès aux renseignements sur l'Internet et violent la libre expression des forums en ligne. D'après le Centre (officiel) de soutien aux renseignements et aux décisions, l'Égypte compte plus de 162 000 blogueurs, dont la plupart ont entre 20 et 30 ans, qui constituent 30 pour 100 de tous les blogueurs arabes.

Trente jeunes militants arrêtés à Alexandrie en juillet étaient membres du groupe Facebook, qui compte 64 000 membres et qui est relié au Mouvement du 6 avril, d'opposition, indique le site web Menassat. Quatorze des militants détenus, connus maintenant sous l'appellation de « Jeunes de Facebook », ont été relâchés avant le 4 août; aucun d'eux n'a été formellement inculpé de quoi que ce soit.

Mohammed Refaat, un blogueur arrêté le 21 juillet, devait être relâché le 17 août. Mais les autorités se sont prévalues de l'état d'urgence en vigueur depuis 40 ans pour le garder en prison, indique Reporters sans frontières (RSF). Refaat avait été arrêté pour avoir « offensé les institutions de l'État », « mis en danger la sécurité publique » et « avoir utilisé l'Internet pour inciter d'autres personnes à manifester et faire la grève » - « mais il n'y a rien de politique dans [son] blogue », maintient RSF.

On continue par ailleurs à utiliser les vieux moyens pour réprimer la libre expression.

Un avocat ayant des liens avec le parti au pouvoir a exigé qu'une cinéaste égyptienne éminente soit flagellée, rapporte l'ANHRI le 13 août. L'avocat a demandé que Enas El-Dighaidy reçoive 80 coups de fouet à cause de son film « Journal d'une adolescente », qui selon lui diffame l'Égypte.

De telles affaires « Hesba » contre les auteurs et les artistes, qui font intervenir des allégations d'insulte à Dieu, peuvent être déposées par des avocats ou par le gouvernement, et elles se sont considérablement multipliées au cours des deux dernières années, signale l'ANHRI. Dans l'affaire « Hesba » la plus retentissante, le journaliste Ibrahim Issa doit comparaître devant le tribunal le 28 septembre pour tenter de faire renverser une peine de six mois de prison. Dans une autre affaire distincte, Issa et trois rédacteurs comparaissent en cour le 6 septembre.

Aussi en août, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a commémoré le cinquième anniversaire de la disparition d'un éminent journaliste, que les autorités égyptiennes ne reconnaissent pas. Reda Helal, un rédacteur chevronné au grand quotidien égyptien « Al-Ahram », propriété de l'État, est disparu le 11 août 2003 tandis qu'il rentrait chez lui dans la partie du Caire remplie d'immeubles gouvernementaux et de missions diplomatiques.

Consulter les sites suivants :
- Répression de l'Internet : http://tinyurl.com/5gqag5
- Pratique du blogue en Égypte : http://tinyurl.com/5dvpme
- « Jeunesse Facebook » : http://tinyurl.com/5snmo8
- Flagellation exigée : http://tinyurl.com/5c4799
- Poursuites judiciaires « Hesba » : http://tinyurl.com/63mr9b
- Anniversaire de la disparition : http://tinyurl.com/67ubyn
(27 août 2008)

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