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Action commune: Trente sept membres de l'IFEX réclament la fin de l'emprisonnement des journalistes et l'application du code pénal pour les délits de presse; la cour d'appel confirme le jugement rendu contre un journaliste

(EOHR/IFEX) - Ci-dessous, un appel de 37 membres de l'IFEX réclamant la fin de l'emprisonnement des journalistes égyptiens et à l'application du code pénal pour les délits de presse:

Non à l'emprisonnement des journalistes égyptiens et à l'application du code pénal pour les délits de presse

Les 37 organisations soussignées, membres du réseau IFEX (Échange international de la liberté d'expression), exprimons notre ferme condamnation des atteintes répétées contre la liberté d'opinion et d'expression en Égypte et que reflète l'augmentation croissante du nombre des journalistes égyptiens poursuivis en justice en vertu de la loi pénale.

Le 28 septembre 2008, la cour d'appel du Caire a confirmé le jugement rendu contre Ibrahim Aissa, rédacteur en Chef du quotidien "Al-Dustour", il a été condamné à servir deux mois d'une peine de prison de six-mois prononcée en son encontre par le tribunal de première instance.

Tout en saluant cette décision de réduire la peine de six mois de prison, nous réaffirmons notre opposition au recours à la loi pénale pour emprisonner des journalistes pour les délits de presse quel que soit le terme.

La chambre pénale du tribunal de première instance du Caire avait prononcé, le 26 mars 2008, un jugement condamnant Ibrahim Aissa à six mois de prison pour diffusion de fausses nouvelles se rapportant à la santé du Président égyptien Mohamed Hosni Moubarak. L'accusation s'appuie sur une série d'articles publiés par le journaliste égyptien dans le quotidien "Al-Dustour" entre le 28 et 30 août 2007.

Le 11 octobre 2008, la justice égyptienne statuera sur une affaire qui concerne deux autres journalistes égyptiens de l'hebdomadaire "Al Fajr", le rédacteur en chef Adel Hamouda et son confrère Mohamed El Bez. Les deux journalistes égyptiens sont attaqués en justice par la plus haute instance religieuse du pays, le recteur de la mosquée El Azhar.

Cheikh Mohammed Sayyed Tantaoui avait intenté, l'année dernière, un procès en diffamation contre ces deux journalistes qu'il accuse d'avoir porté atteinte à la haute autorité religieuse. L'accusation repose sur la publication, par l'hebdomadaire "Al Fajr", le 19 mars 2007, d'un article intitulé "le grand Cheikh du Vatican", illustré d'une photo dans laquelle le recteur d'El Azhar était affublé d'une tenue vestimentaire jugée "malséante et inconvenante" à l'égard des hautes fonctions qu'il exerce.

Selon l'acte d'accusation, l'article comportait également des propos diffamatoires portant atteinte au prestige de la haute autorité religieuse.

La plainte déposée par le recteur de la Mosquée El Azhar se réfère à l'article 184 du code pénal égyptien qui stipule "est passible d'emprisonnement et d'une amende minimale de 5000 livres égyptiennes, ne dépassant pas 10,000 livres, ou de l'une de ces peines, toute personne qui porte atteinte à l'Assemblée du peuple, au conseil consultatif, ou à toute autre structure de l'État, à l'armée, à la justice, aux autorités ou aux pouvoirs publics.

Dans une autre affaire distincte, Adel Hamouda et Ibrahim Aissa ainsi que deux autres rédacteurs en chef de journaux indépendants, Wael Al Abrachi, ancien rédacteur en chef du journal "Sawt El Oummah" et Abdelhalim Qandil, ancien rédacteur en chef du journal "Al Karama", ont été condamnés, en septembre 2007, en vertu de l'article 188 du code pénal égyptien, à un an de prison pour avoir diffusé "de manière malintentionnée, de fausses nouvelles de nature à troubler l'ordre public".

Les quatre rédacteurs en chef ont interjeté appel. Ils ont été libérés sous caution et attendent le prononcé du jugement par la cour d'appel qui tiendra sa prochaine séance le 4 octobre 2008. L'article 188 du code pénal égyptien prévoit une peine d'un an d'emprisonnement et une amende ne dépassant pas 20,000 livres égyptiennes.

Les organisations soussignés expriment leur profonde préoccupation face à la dégradation de la situation de la liberté d'opinion et d'expression en Égypte et estiment que l'objectif recherché, à travers les législations en vigueur actuellement, est de réprimer sévèrement les journalistes et non de défendre la liberté d'opinion et d'expression.

Les organisations soussignées exhortent les autorités égyptiennes à annuler toutes les accusations portées contre les journalistes et toutes les peines d'emprisonnement prononcées contre eux et qui revêtent un caractère politique.

Les organisations soussignées appellent le gouvernement égyptien à cesser de recourir au code pénal pour criminaliser l'exercice de la liberté d'opinion et d'expression, et à respecter ses engagements internationaux en se conformant aux dispositions des conventions relatives au droit d'expression qu'il a ratifiées dont, notamment, le pacte international des droits civils et politiques et l'article 19 de la déclaration universelle des droits de l'homme.

Signées,

Africa Free Media Foundation (AFMF), Kenya
Alliance of Independent Journalists (AJI), Indonésie
Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI), Égypte
ARTICLE 19, Royaume-Uni
Association mondiale des journaux (AMJ), France
Association mondiale de radiodiffuseurs communautaires (AMARC), Canada
Bahrain Center for Human Rights (BCHR), Bahreïn
Brazilian Association for Investigative Journalism (ABRAJI), Brésil
Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS, Égypte
Center for Human Rights and Democratic Studies (CEHURDES), Népal
Centro de Periodismo y Etica Publica (CEPET), Mexique
Committee to Protect Journalists (CPJ), États-Unis
Egyptian Organization for Human Rights (EOHR), Égypte
Fondation des Médias pour l'Afrique de l'Ouest (MFWA), Ghana
Free Media Movement (FMM), Sri Lanka
Freedom House, États-Unis
Greek Helsinki Monitor (GHM), Grèce
Human Rights Watch, États-Unis
Independent Journalism Center (IJC), Moldavie
Institute for Reporters' Freedom and Safety (IRFS), Azerbaïdjan
International Foundation for Protection of Freedom of Speech (Adil Soz), Kazakhstan
International PEN Writers in Prison Committee (WiPC), Royaume-Uni
International Press Institute (IPI), Autriche
Journalistes canadiens pour la liberté d'expression (CJFE), Canada
Journaliste en danger (JED), République démocratique du Congo
Maharat Foundation, Liban
Media Institute, Kenya
Media Institute of Southern Africa (MISA), Namibie
Media Rights Agenda (MRA), Nigéria
Media Watch, Bangladesh
Mizzima News, Inde/Birmanie
Norwegian PEN, Norvège
Observatoire pour la Défense de la Liberté de la Presse, de l'Édition et de la Création (OLPEC), Tunisie
Pakistan Press Foundation (PPF), Pakistan
PEN American Center, États-Unis
Sindicato de Periodistas del Paraguay (SPP), Paraguay
World Press Freedom Committee (WPFC), États-Unis

Egyptian Organization For Human Rights

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