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UN JOURNALISTE INDÉPENDANT EST CONDAMNÉ À LA PRISON DANS UNE AFFAIRE DE DIFFAMATION

L'éminent journaliste indépendant Ibrahim Issa a été condamné à deux mois de prison pour une affaire de diffamation pénale. Cette décision a surpris les défenseurs des droits. Dans une action conjointe menée par l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organization for Human Rights, EOHR), 37 groupes membres de l'Échange international de la liberté d'expression (IFEX) condamnent les violations constantes de la liberté d'expression en Égypte, comme l'illustrent les nombreuses affaires de diffamation pénales qui défilent devant les tribunaux.

Le 28 septembre, la déclaration de culpabilité d'Issa, rédacteur en chef du quotidien « Al-Dustour », a été maintenue par un tribunal d'appel du Caire, selon ce qu'indiquent l'EOHR et de nombreux autres groupes qui protestent contre la peine de prison infligée. Issa a d'abord été condamné en mars à six mois de prison pour « avoir publié de fausses informations et de fausses rumeurs » dans des articles écrits en août 2007 au sujet de la santé du président Hosni Moubarak.

Les avocats et les militants des droits s'attendaient à ce que la culpabilité serait maintenue, mais aussi à ce que la peine de prison ne serait pas appliquée. Les groupes égyptiens de défense des droits ont répondu immédiatement en émettant des alertes et en publiant des lettres conjointes, notamment une déclaration signée par l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), l'EOHR et le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), qui figurent parmi 17 groupes égyptiens.

Les procureurs d'Issa ont déclaré au Comité pour la protection des journalistes (CPJ) qu'ils allaient porter ce qu'ils qualifient de « verdict motivé politiquement » devant la Cour de cassation, le tribunal suprême du pays.

Le CPJ a noté une forte présence policière tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du tribunal, ce qui n'a pas empêché journalistes et militants des droits de la personne, « de scander des slogans hostiles à Moubarak dans l'enceinte même du tribunal ». Les comparutions précédentes d'Issa ont d'ailleurs déclenché des scènes similaires.

Ameira Howeidy, correspondant du journal « Al Ahram », a déclaré à Index on Censorship que « les autorités veulent punir Ibrahim Issa mais, ce faisant, l'Égypte laissera une mauvaise impression s'il purge sa peine de deux mois de prison. Pour sa part, Issa est plus que désireux de gêner les autorités et de mettre à nu les affirmations selon lesquelles le régime tolère la liberté de parole en allant en prison. Issa est à l'heure actuelle le journaliste le plus controversé d'Égypte, et tous les yeux sont fixés sur lui. De quoi le régime Moubarak aura-t-il l'air lorsque des centaines de journalistes et de cameramen, locaux et internationaux, seront sur place au moment où Issa se livrera aux autorités? »

Par ailleurs, d'après la déclaration conjointe, une affaire de diffamation pénale sera entendue le 11 octobre contre Adel Hammouda, rédacteur en chef de l'hebdomadaire « Al Fagr », et contre le journaliste Mohamed El Baz. L'an dernier, le Grand cheik Al-Azhar, la plus haute autorité religieuse en Égypte, les a accusés de « diffamation et insulte » après que « Al Fagr » eut publié un article intitulé « Le Grand cheik du Vatican » (The Grand Sheikh of the Vatican). La plainte, déposée par le Sheikh se fonde sur l'article 184 du code pénal, qui prévoit des peines pour « insulte à l'Assemblée populaire ou au Conseil de la Shoura ou à d'autres organes de droit public, l'armée ou les tribunaux ou les autorités ou l'intérêt public ».

Dans une autre affaire, Hammouda et Issa figurent parmi les quatre rédacteurs en chef de journaux indépendants qui encourent une peine d'un an de prison. En septembre 2007, Hammouda et Issa, de même que les rédacteurs Wael al-Abrashi et Abdel Halim Kandeel, ont été trouvés coupables d'« avoir publié de fausses informations susceptibles de troubler l'ordre public ». La prochaine séance du tribunal est prévue pour le 4 octobre.

L'EOHR fait part de sa consternation devant la « vague montante de persécution dirigée contre les journalistes égyptiens, tandis qu'on compte maintenant en Égypte 47 affaires contre des journalistes. »

Consulter les sites suivants :
- Action conjointe IFEX/EOHR : http://tinyurl.com/4d4ed9
- Index, à propos d'Issa : http://tinyurl.com/52lf59
- Déclaration conjointe du CIHRS : http://www.cihrs.org/top_details_en.aspx
- EOHR : http://en.eohr.org/?p=56
- CPJ : http://tinyurl.com/44c55r
- Reporters sans frontières : http://tinyurl.com/4g598f
(Photo d'Ibrahim Issa courtoisie de Index on Censorship)

(30 septembre 2008)

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