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Pendant sa visite, Obama devrait condamner les violations de la libre expression

Le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), basé au Caire, vient de publier son rapport annuel de 2008 sur la détérioration de la situation de la libre expression en Égypte, à la veille de la visite du président des États-Unis Barrack Obama dans ce pays.

Ce rapport documente une augmentation alarmante du recours, par les autorités, à la Loi d'urgence contre les journalistes et les blogueurs, aux mauvais traitements infligés par la police et à un nombre croissant d'agressions physiques et d'enlèvements. Ce qui souligne ces violations des droits de la personne, note l'ANHRI, c'est l'indifférence des responsables du gouvernement face à ces attentats et, parfois leur complicité dans ces agressions.

Les poursuites hisba, dont le nombre a crû en visibilité ces dernières années, ont continué en 2008 à servir de mécanisme pour harceler et intimider les journalistes. Par la loi hisba, les avocats et l'establishment religieux conservateur ont l'autorité pour lancer des poursuites judiciaires contre les personnes qu'ils estiment avoir violé les principes religieux de l'islam ou avoir sapé les intérêts de l'État.

« Un nombre croissant de juristes et de religieux cherchent à se faire connaître ou à flatter le gouvernement égyptien et le Parti national démocratique au pouvoir, en entamant des poursuites hisba contre des écrivains créateurs et des journalistes », écrit l'ANHRI.

Le rapport condamne en outre la persécution par le gouvernement des chaînes de nouvelles télévisées par satellite, et les nombreuses confiscations de livres et de magazines, exécutées de plus en plus par des organes de censure extrajudiciaire, qui utilisent des tactiques de justiciers autoproclamés.

Une copie papier du rapport, disponible en arabe et en anglais, a été distribuée lors d'une conférence de presse au Caire la semaine dernière.

Le rapport arrive au moment où le blogueur Dia Eddin Gad fait face à une nouvelle charge de tactiques de menaces de la part du même corps policier qui l'a enlevé plus tôt cette année et détenu pendant près de deux mois en vertu des dispositions de la loi d'urgence. L'ANHRI rapporte que la police a téléphoné au jeune blogueur d'une manière routinière, pour exiger qu'il se rapporte pour rencontrer des policiers « pour son propre bien ».

Rare bonne nouvelle dans le paysage de la libre expression en Égypte, l'ANHRI rapporte que la Cour d'appel du pays a annulé la peine de deux ans de prison infligée au Dr Saad Eddin Ibrahim, professeur d'université et militant de la démocratie, qui vit actuellement aux États-Unis. La semaine dernière, le tribunal a acquitté Ibrahim en raison de l'« incompétence » de la part de la partie plaignante. Le Chef des Relations sociales, Thoraya Labna, avait entamé la poursuite hisba contre Ibrahim au motif qu'il nuisait à la réputation du pays à l'étranger.

Par ailleurs, à la veille du discours du Président des États-Unis Barrack Obama au Caire le 4 juin, l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS) presse Obama de confirmer « l'intention déclarée de son administration de s'occuper sérieusement des problèmes qui ont exacerbé le ressentiment » dans le monde arabe et musulman. Le CIHRS souligne l'importance d'« apporter respect et soutien aux droits de la personne et aux libertés démocratiques dans cette région du monde ».

Le directeur général du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), Joel Simon, a fait parvenir une lettre ouverte dans laquelle il invite Obama à faire pression auprès des autorités égyptiennes pour qu'elles libèrent les journalistes emprisonnés injustement et pour dénoncer cette pratique répressive répandue dans tout le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. Dans sa lettre, Simon fait valoir que la pratique américaine qui consiste à détenir les journalistes sans procès pendant des périodes prolongées dans les prisons d'Irak, d'Afghanistan et de Guantánamo pourrait avoir « contribué à un accroissement général du nombre des journalistes emprisonnés par des régimes autoritaires, qui ont recours à cette politique comme prétexte pour marginaliser dans leur propre pays les journalistes critiques ».

Le groupe Human Rights Watch (HRW) prie instamment lui aussi le président Obama pour qu'il adopte une attitude ferme contre les violations des droits de la personne lors de son passage en Égypte et en Arabie saoudite. Pendant le séjour d'Obama au Caire, HRW lui demande, entre autres questions, d'exprimer sa préoccupation devant le recours à la loi d'urgence et à la répression violente de manifestations non violentes.

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