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Des ONG demandent une réforme en faveur des droits de la personne à l'occasion de la revue de l'ONU

Lors d'une revue du bilan de l'Égypte au chapitre des droits, revue effectuée le 17 février par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, des ONG égyptiennes, dont l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI) et l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organisation for Human Rights, EOHR), ont appelé le gouvernement à s'attaquer sérieusement aux violations des droits de la personne. Deux jours plus tard, l'Égypte acceptait certaines réformes et en rejetait d'autres.

Lors de cette revue, le gouvernement égyptien a justifié ou nié les violations des droits de la personne, tandis que d'autres États arabes faisaient l'éloge du pays au lieu d'offrir des recommandations concrètes en matière de droits, selon ce que rapporte le CIHRS. Pour contrer cette réponse, une coalition de 15 institutions égyptiennes de défense des droits, sous la direction du CIHRS, a proposé une liste de recommandations détaillées pour la revue périodique universelle de l'Égypte par les Nations Unies.

Les groupes de défense des droits pressent le gouvernement de mettre fin à l'état d'urgence et de cesser de traduire des civils devant les tribunaux militaires. Le CIHRS note qu'en 2008, des gens qui protestaient ont été reconnus coupables par un tribunal sur la foi de renseignements obtenus sous la torture, tandis que les autorités négligeaient d'identifier les responsables du décès de trois personnes mortes en raison de la force excessive utilisée par les forces de sécurité lors d'une manifestation.

De plus, les lois antiterroristes doivent être réévaluées afin de les aligner sur les normes internationales en matière de droits parce qu'elles servent à l'heure actuelle à « harceler et criminaliser » l'expression et l'opposition non violentes.

Les groupes de défense des droits continuent d'appeler le gouvernement à réviser les lois sur les ONG pour les rendre conformes aux normes internationales relatives au droit de s'organiser. En mai 2009, l'EOHR a reçu du Ministère de la Solidarité sociale un avis « l'avertissant de sa dissolution imminente après que l'organisation eut soumis au Ministère une demande d'approbation d'une subvention venant de l'étranger ».

Parmi les autres recommandations, on relève la fin des contrôles exercés par le pouvoir exécutif et le parti au pouvoir sur les médias appartenant à l'État et l'abolition des « châtiments consistant à priver les gens de liberté pour crimes de presse et de publication », de façon à garantir la liberté des médias et à renforcer le pluralisme.

Le 19 février, l'Égypte a refusé de mettre fin à l'état d'urgence et de libérer les blogueurs et les défenseurs des droits de la personne emprisonnés en vertu des lois d'urgence. Le gouvernement a également rejeté les recommandations de permettre aux ONG et aux défenseurs des droits de la personne de travailler sans entraves.

On enregistre cependant une petite victoire. L'Égypte accepte d'« abroger les lois qui permettent l'incarcération des journalistes qui exercent leur droit à la liberté d'expression, de continuer à promouvoir la participation politique des femmes, y compris dans le système judiciaire, et de ne pas recourir aux lois d'urgence contre les journalistes et les blogueurs ». Mais l'État doit appuyer ses promesses par des plans concrets et selon des échéances définies, dit le CIHRS.

Par ailleurs, le 18 février, le principal blogueur égyptien, Wael Abbas, a été acquitté en appel d'une peine de six mois de prison, rapporte Reporters sans frontières (RSF). Il avait été condamné en novembre dernier sur la base de fausses accusations qui visaient à assourdir ses critiques de l'État. D'après l'ANHRI, Abbas a été piégé par son voisin qui lui a demandé de l'aider à installer son câble d'Internet. Les blogueurs sont systématiquement harcelés par les autorités et n'ont que peu de protection.

Lors d'un autre incident, l'activiste communautaire Sabah Khalil Eid a été détenue le 28 janvier pour avoir parlé de trafic humain dans une émission à la télévision locale, rapporte l'ANHRI. Elle a critiqué la tendance qui consiste à « marier des mineures à de vieux riches du Golfe », et a mentionné l'affaire d'une enfant de 13 ans que ses parents ont forcée à prendre un mari. Eid a été relâchée quatre jours plus tard, après une intervention de l'ANHRI.

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