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Des manifestants qui dénonçaient un homicide sont tabassés et emprisonnés

Un activiste d’une manifestation de juin tient une photo du cadavre ensanglanté de Khaled Said.
Un activiste d’une manifestation de juin tient une photo du cadavre ensanglanté de Khaled Said.

Lors de plusieurs manifestations publiques qui ont eu lieu pendant tout le mois de juin pour protester contre l'homicide brutal par la police de l'activiste Khaled Said Qasem à Alexandria le 6 juin, des dizaines de manifestants ont été tabassés et arrêtés arbitrairement, selon ce que rapportent l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organization for Human Rights, EOHR), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), Human Rights Watch et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Le 25 juin, 55 personnes ont été arrêtées, dont des passants. Selon Human Rights Watch, la police a piégé une centaine environ de manifestants dans une ruelle puis a commencé à les tabasser, tant les femmes que les hommes, qui n'avaient pas d'issue par où s'échapper. Plus tôt, le 13 juin, 36 manifestants ont été arrêtés lors d'une manifestation contre le meurtre de Said Qasem. Un des manifestants présents a déclaré que les agents de sécurité les avaient frappés à coups de poing et à coups de pied.

« Ce cycle qui consiste, pour les agents de sécurité, à tabasser des manifestants non violents, à les détenir pendant des heures sinon des jours, puis à les relâcher sans porter d'accusations, cela doit cesser », dit Joe Stork de Human Rights Watch.

Khaled Said Qasem a été battu à mort par des agents de la police secrète peu après avoir affiché en ligne une vidéo montrant des policiers se partageant les recettes d'une transaction de drogue. Le jeune homme de 28 ans a été arrêté dans un café Internet par des policiers en civil puis emmené dans la rue où des agents de sécurité en civil l'ont agressé au point où il en est mort, selon les dires des témoins, qui ont été recueillis par des membres de l'IFEX. Bien que la police ait d'abord déclaré que Said Qasem était mort parce qu'il avait avalé de la drogue avant son arrestation, les photos de son cadavre tuméfié ont amplement circulé sur les sites web des médias sociaux en Égypte, fait remarquer RSF. Le 3 juillet, deux policiers ont été inculpés de torture, mais non de meurtre, en rapport avec le passage à tabac de Said Qasem.

« Il est rare que des policiers soient poursuivis pour des violations en Égypte; ces poursuites sont un pas dans la bonne direction », dit RSF. « Mais nous invitons le système judiciaire égyptien à franchir l'étape qui reste et à les inculper de meurtre. »

La loi égyptienne sur l'état d'urgence confère à la police de vastes pouvoirs d'outrepasser le droit d'assemblée non violente, de fouiller les personnes sans mandat et de détenir les gens indéfiniment, sans accusations.

Les journalistes égyptiens ont aussi été visés la semaine dernière par des amendes monstrueuses, rapporte l'EOHR. Le 28 juin, deux reporters du journal « El-Wafd » ont été condamnés à verser une amende de 240 000 livres égyptiennes (env. 42 000 $US) dans une affaire de diffamation entamée par le vice-président du Conseil d'État égyptien et président du club des juges membres du Conseil.

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