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L'armée viole l'esprit de la révolution en réprimant les critiques

Sous le régime militaire en Égypte, des journalistes, des blogueurs et des juges ont été traduits devant les tribunaux parce qu'ils avaient critiqué les violations des droits de la personne par l'armée pendant le soulèvement, ses liens avec les Frères Musulmans et son absence de réforme judiciaire, selon ce que rapportent le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI), l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organization for Human Rights, EOHR) et d'autres groupes membres de l'IFEX. Heureusement, il existe un antidote à ce modèle de violation - une coalition de groupes de défense des droits et de journalistes qui travaillent ensemble pour inscrire le droit à la libre expression à l'ordre du jour national.

Dans les mois qui ont suivi le renversement du Président Hosni Moubarak, le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) a censuré, harcelé et intimidé les critiques, et il a politisé les procédures judiciaires - menaçant la transition du pays vers la démocratie, selon ce que rapportent les membres de l'IFEX.

Le 10 avril, par exemple, un tribunal militaire du Caire a condamné le blogueur Maikel Nabil Sanad à trois ans de prison pour « insulte à l'armée ». Il a été arrêté en mars après avoir publié un article accusant l'armée d'avoir pris part à l'arrestation et à la torture des manifestants.

Le 2 juin, les rédacteurs Hossam al-Suwaifi et Sayyid Abdel Ati du « Al-Wafd » ont été interrogés en rapport avec un article publié le 26 mai dans lequel on décrivait un marché politique qui serait intervenu entre l'armée et les Frères Musulmans. Abdel Ati a été inculpé d'avoir publié de fausses informations susceptibles de troubler la paix.

Dans un autre exemple, trois juges éminents font l'objet d'une enquête parce qu'ils ont critiqué les procès intentés devant les cours martiales contre des civils et pour avoir demandé instamment une réforme judiciaire dans des déclarations faites aux médias, selon ce que rapporte l'ANHRI.

Le recours arbitraire, par le gouvernement de transition, aux tribunaux militaires, l'absence de transparence, son statut spécial qui l'exempte de la critique et le traitement qu'il réserve aux journalistes et aux blogueurs ressemble à la répression vécue sous le régime Moubarak, a déclaré Reporters sans frontières (RSF) dans une lettre au CSFA. Des journalistes ont en outre été tabassés par les forces militaires.

Par ailleurs, l'armée, qui se prétend « gardienne de la révolution », a rendu publique récemment une lettre aux éditeurs de publications égyptiennes les enjoignant de ne publier aucun contenu ayant trait aux forces armées sans que celle-ci ne soit d'abord consultée, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

« Le conseil croit erronément qu'il est sur la bonne voie en continuant de réprimer toutes les voix critiques... Il sait pertinemment que les forces armées ont torturé des manifestants et qu'un grand nombre de filles ont été contraintes de subir des 'tests de virginité', pour ne rien dire des procès iniques intentés devant les cours martiales contre des milliers de civils », dit l'ANHRI. (Les groupes de défense des droits ont rapporté que des manifestantes détenues le 9 mars au square Tahrir ont été forcées de se soumettre à un examen médical pour faire confirmer leur virginité.)

Le 7 juin, Human Rights Watch a conclu une visite de trois jours de rencontres avec des officiels égyptiens et des membres de la société civile, dont un membre du CSFA. Le directeur général de Human Rights Watch, Kenneth Roth, a invité l'armée à « rompre carrément avec les politiques répressives du passé, et cela signifie la fin des procès militaires, l'abolition de la loi d'urgence et des lois qui restreignent les libertés ».

Human Rights Watch a interviewé 16 hommes et femmes qui ont témoigné que des officiers de l'armée les ont torturés, battus et fouettés au Caire au début mars. « Les violences et la torture aux mains de la police ont joué un rôle central dans le déclenchement de la révolution », a dit Roth, qui a ajouté que le régime militaire devait trouver des mesures efficaces pour s'attaquer à ces violences.

Human Rights Watch presse le régime militaire d'abroger les dispositions du code pénal qui criminalisent la liberté d'expression - les articles sur les « insultes des autorités publiques », les « insultes au président » et la « diffusion de fausses informations » - et de rescinder la loi qui interdit les manifestations.

Avec les élections parlementaires de septembre qui se profilent à l'horizon, le gouvernement doit abolir immédiatement un certain nombre de lois qui restreignent les libertés essentielles et qui empêcheraient la possibilité de tenir une élection libre et équitable, indique Human Rights Watch.

Les groupes égyptiens de défense des droits et les journalistes tentent en outre de faire leur part. Ils ont mis sur pied en avril la Coalition nationale pour la liberté des médias, et ils ont émis à l'occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse une Déclaration sur la liberté des médias qui fait la promotion de la libération et de l'expansion des médias égyptiens. La coalition, qui inclut l'ANHRI et l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies), a lancé un site web cette semaine.

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