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Retour en force des tactiques de répression des médias qui étaient en vogue sous le régime Moubarak

Des soldats égyptiens tiennent des gens à distance lors d’une récente manifestation de protestation au Caire
Des soldats égyptiens tiennent des gens à distance lors d’une récente manifestation de protestation au Caire

Amr Dalsh/REUTERS

En dépit du changement promis par la révolution, le gouvernement de transition en Égypte, le Conseil suprême des Forces armées (CSFA), continue de recourir à la force excessive et à des lois répressives contre ceux qui partagent les informations, qui font part de leurs opinions et qui participent à des manifestations non violentes, ce qui pousse trois importants groupes membres de l'IFEX présents dans le pays à l'assimiler au régime Moubarak.

Bien qu'ayant initialement promis de supprimer la loi d'urgence universellement détestée en Égypte, qui a servi à écraser les dissidents au cours des trente dernières années, le CSFA a fait exactement le contraire. Le 15 septembre, il a proclamé un décret qui l'habilite à invoquer la loi d'urgence presque à volonté, en réponse aux situations qui se présentent, incluant, mais sans s'y limiter, la diffusion de fausses nouvelles et de fausses déclarations, le vandalisme et le blocage des routes, selon ce que rapportent l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI), l'Organisation égyptienne de défense des droits de la personne (Egyptian Organization for Human Rights, EOHR) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

« [Le décret] permettra d'intimider et de harceler les personnes qui participent à des manifestations, à des protestations et à des grèves non violentes. Il constitue en outre une menace directe à la liberté d'expression et à celle des médias », ont ajouté les trois membres égyptiens de l'IFEX dans une déclaration également signée par 19 autres groupes de la société civile égyptienne. Les signataires demandent entre autres l'abolition du décret et la fin des campagnes contre les organisations de la société civile, qui se poursuivent depuis le printemps.

La semaine dernière, le Ministère de l'Information du CSFA fait une descente dans les locaux de Al-Jazeera Mubasher Misr (l'affilié d'Al-Jazira en Égypte) et a procédé à sa fermeture, après que le gouvernement eut omis de délivrer à la station un permis, quatre mois après que celle-ci lui en eut fait la demande, selon ce que rapportent l'ANHRI, le CIHRS, l'EOHR et d'autres groupes. L'équipement a été saisi et un technicien a été arrêté. Ce genre de fermeture est appelé à se répéter étant donné que le gouvernement a annoncé le « gel » de l'émission de permis à des stations par satellite, indique le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Autre tournant troublant, l'interdiction faite récemment aux journalistes d'assister aux procès politiques, notamment celui de Moubarak, signale Reporters sans frontières (RSF).

Une des affaires les plus alarmantes est celle du blogueur incarcéré Maikel Nabil Sanad, condamné à trois ans de prison pour avoir remis en question la neutralité théorique des forces armées pendant le soulèvement de masse en Égypte en janvier et en février. Sanad a été emmené à l'infirmerie après plusieurs semaines de grève de la faim, lorsqu'il a cessé de boire, ce qui a fait craindre pour sa vie.

Les attaques contre la liberté de la presse et les pouvoirs de répression extrêmement étendus du nouveau gouvernement théoriquement démocratique représentent « une insulte pour les milliers de personnes qui se sont sacrifiées et qui sont mortes dans une bataille brutale pour renverser totalement le régime », disent l'ANHRI, le CIHRS et l'EOHR.

Inquiets de ce que signifie la violation des droits démocratiques à l'approche des élections, l'EOHR procède à l'heure actuelle à la sélection et à la formation de 1 000 observateurs d'élections locaux. Les groupes égyptiens collaborent également à un projet de surveillance des médias pendant les élections.

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