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La violence massive contre les manifestants et les journalistes entache le dernier droit avant les élections

Un manifestant renvoie une grenade de gaz lacrymogènes lancée par la police antiémeute lors d'affrontements près du square Tahrir au Caire
Un manifestant renvoie une grenade de gaz lacrymogènes lancée par la police antiémeute lors d'affrontements près du square Tahrir au Caire

REUTERS/Asmaa Waguih

L'Égypte a été saisie par un sentiment de peur et de chaos à l'approche des élections, des manifestations de rue éclatant et se transformant en une violence militaire terrifiante, causant la mort d'environ 40 manifestants et des blessures à des milliers de civils sans armes, rapportent l'Institut du Caire pour les études sur les droits de la personne (Cairo Institute for Human Rights Studies, CIHRS), le Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arabic Network for Human Rights Information, ANHRI) et d'autres groupes membres de l'IFEX.

Des grenades de gaz lacrymogènes, ainsi que des tirs de balles de caoutchouc et de balles réelles, ont fait des morts et des blessés la semaine dernière, tandis que les forces de sécurité tentaient d'évincer par la force les manifestants rassemblés au square Tahrir et dans les rues du Caire. En deux jours à peine, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté 17 assauts contre la presse et fait remarquer qu'il y en a eu probablement plus. Au moins 10 journalistes ont été agressés physiquement par des unités de l'armée et de la police, et un journaliste a reçu une balle dans une jambe, indique le CPJ.

Une coalition de groupes de défense des droits de la personne, dont le CIHRS et l'ANHRI, a dénoncé la violence dans un rapport accablant où on constatait que plus de 13 000 civils, parmi lesquels se trouvent des blogueurs comme Alaa Abd El-Fattah et Maikel Nabil Sanad et d'autres journalistes, ont été arrêtés ces derniers mois en rapport avec le soulèvement qui ne veut pas s'apaiser. Le rapport décrit les méthodes répressives du Conseil suprême des Forces armées (CSFA) comme « de celles que l'on ne voyait pas même sous le régime Moubarak ». Les tests de virginité imposés aux jeunes manifestantes - afin de les étiqueter comme prostituées - ne sont qu'un exemple de nouvelle méthode de répression, disent les groupes. Beaucoup d'autres activistes sont emmenés les yeux bandés en des endroits secrets, où ils sont détenus et interrogés avant même d'être inculpés, indique le rapport.

Le rapport demande la fin immédiate de toutes les arrestations arbitraires et des exécutions extrajudiciaires de manifestants non violents et d'autres activistes, la fin des procès militaires de civils et le remplacement du CSFA par un gouvernement civil.

Human Rights Watch déplore également le fait que soit toujours en vigueur, à la veille de la tenue des élections, la loi d'urgence qui accorde au CSFA des pouvoirs extrêmement étendus de procéder à des arrestations de masse de civils, de censurer les médias et de détenir les gens sans procès.

Deux journalistes américains ont aussi été arrêtés tandis qu'ils couvraient les manifestations, dont l'Égypto-américaine Mona Eltahawy, qui a été remise en liberté le 24 novembre après avoir été tabassée et soumise à des attouchements par des policiers et après avoir subi 12 heures d'interrogatoires et de détention, selon Reporters sans frontières (RSF) et l'Institut international de la presse (IIP). La cinéaste égypto-américaine Jehane Noujaim a été relâchée indemne après 36 heures, indique l'IIP.

En dépit de la violence, les Égyptiens se sont présentés aux urnes en très grand nombre au scrutin du 28 novembre, qui s'est tenu dans le calme, malgré des violations comme la distribution illégale de feuilles de candidats devant les bureaux de vote, selon ce qu'indiquent les dépêches. Les résultats jusqu'à maintenant placent les Frères musulmans en avance.

Lauréats du prix Roland-Berger de la Dignité humaine 2011
Lauréats du prix Roland-Berger de la Dignité humaine 2011

Roland Berger Foundation

En reconnaissance d'avoir contribué à « jeter les bases de la réalisation de la démocratie et de la dignité humaine » en Égypte, l'ANHRI s'est vu décerner la semaine dernière le prix Roland-Berger de la Dignité humaine 2011, d'une valeur d'un million d'euros (1,34 million $US). La récompense est partagée avec l'avocate tunisienne Radhia Nasraoui et le militant syrien Mazen Darwish.

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