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Journalistes et médias pris en tenaille dans un spectre politique divisé en Egypte

Reporters sans frontières condamne la série d'exactions dont ont été victimes les professionnels de l'information ces derniers jours en Egypte.

Le photographe Mohamed Bader a été arrêté à la place Ramsès au Caire alors qu'il couvrait les affrontements entre les partisans de l'ancien président Mohamed Morsi et les forces de police, qui ont fait 7 morts et au moins 260 blessés, le 15 juillet 2013. Plus de 400 personnes ont, comme lui, été appréhendées dans le cadre d'une enquête ouverte sur les violences du 15 juillet. Le 18 juillet, le procureur général a prolongé cette détention de quinze jours et Mohamed Bader a été inculpé pour "possession d'arme", "atteinte à la sécurité nationale" et " offense aux forces de l'ordre". A ce jour, Mohamed Bader n'a toujours pas été libéré.

L'organisation condamne la détention arbitraire du photographe et demande sa libération immédiate et sans condition, ainsi que l'abandon des charges qui pèsent contre lui.

L'organisation dénonce aussi les violences commises par les manifestants à l'encontre des équipes des chaînes de télévision Sky News et ONTV, également présentes sur la place Ramsès, et attaquées à coups de bâton et par des jets de pierre par les protestataires pro-Morsi.

Les exactions contre les professionnels de l'information se sont poursuivies tout au long du week-end lors des rassemblements des soutiens de l'ancien président.

Le vendredi 19 juillet, Mena Alaa, journaliste pour la chaîne télévisée Al-Masry Al-Youm a été frappée au visage par un manifestant et s'est faite dérober sa caméra, alors qu'elle filmait l'attaque d'un véhicule, lors d'une marche pro-Morsi près du quartier général de la Garde républicaine au Caire.

Le lendemain, Nada Khouwali, éditrice du journal Al-Shorouk, s'est retrouvée à proximité d'affrontements entre pro et anti-Morsi alors qu'elle rentrait à son domicile. Se saisissant de son appareil photo, elle a aussitôt été agressée par une bande de jeunes armés, qui l'ont frappée à terre en l'accusant d'être une partisane des Frères Musulmans.

Le même jour, les forces de sécurité égyptiennes ont effectué un raid dans les locaux de la chaine télévisée iranienne Al-Alam et ont confisqué leur matériel, sans donner d'explication claire dans un premier temps, puis affirmant que la chaîne ne disposait pas d'autorisation d'émettre, ce que dément formellement son directeur, Ahmad Al-Sioufi. Ce dernier a d'ailleurs été arrêté, avant d'être libéré vingt-quatre heures plus tard en échange du paiement d'une caution de 10 000 livres égyptiennes (environ 1 085 euros).

"Il est inadmissible que les journalistes soient continuellement pris pour cibles par les différents protagonistes. Le gouvernement intérimaire égyptien doit prendre les mesures nécessaires afin de garantir la protection des professionnels de l'information et le respect de la liberté de la presse", a déclaré l'organisation.

La détention arbitraire de Mohamed Bader ainsi que les agressions contre les différents médias interviennent dans un contexte politique et médiatique particulièrement tendu depuis la chute du président Morsi. Si les médias proches des Frères musulmans et leurs équipes font l'objet de mesures répressives sévères de la part de l'armée et des forces de police, les partisans de Mohamed Morsi n'hésitent pas à punir les médias et les journalistes qui ne partagent pas leurs vues.

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