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PROFIL

Gamal Eid

Au milieu du chaos et de la répression qui ont suivi la période de la révolution en Egypte, un éminent avocat des droits humains, Gamal Eid, est resté constant dans sa défense des droits de l'homme pour tous. A cause de cela, il a été souvent harcelé par un régime déterminé à museler les dernières voix discordantes dans le pays.

Hossam el-Hamalawy/ Flickr

Dans une interview de mai 2015 à Mada Masr, Gamal Eid a déclaré:

Il n'y a pas de compromis en matière de droits de l'homme. La torture est un crime peu importe qui la pratique. De même, la liberté d'expression est garantie pour tous, qu'on soit d'accord avec eux ou pas. Soit nous accomplissons notre mission dans son ensemble, soit nous arrêtons de travailler.

Gamal Eid était un jeune homme idéaliste lorsqu'il a rejoint, pour la première fois en 1989, la lutte pour les droits humains la démocratie en Egypte, peu de temps après avoir obtenu terminé ses études à l'école de droit de l'Université Ain Shams au Caire, la capitale de l'Egypte.

À l'époque, Hosni Moubarak avait seulement servi un tiers de son mandat en tant que président de la République d'Egypte. Comme c'est le cas avec la plupart des dirigeants autoritaires, il a consacré une grande partie de son énergie à mettre la pression et à restreindre les activités des organisations de la société civile. Nonobstant le harcèlement ciblé et l'environnement répressif dans lequel ils étaient contraints de travailler, les défenseurs des droits civiques et humains - des hommes et des femmes dévoués et engagés comme Eid - étaient encore en mesure de maintenir et de faire tourner un secteur de la société civile dynamique.

En 2004, Eid a fondé l'éminent et très respectable Réseau arabe pour l'information sur les droits humains (ANHRI), une organisation de premier plan et largement respectée qui héberge aujourd'hui l'un des sites les plus visités sur les droits humains dans le monde arabe. Merci pour ce travail d'un petit mais dévoué groupe d'employés. ANHRI fournit un soutien juridique essentiel et une représentation des victimes des violations de la liberté d'expression, il organise des formations pour les journalistes, des campagnes en faveur des prisonniers d'opinion à travers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, et il sensibilise la population égyptienne au sujet de leur droits civiques et humains.

Au cours des 25 ans pour lesquels Eid a travaillé en tant que défenseur des droits humains, il a eu à endurer, certes, les arrestations et le harcèlement, mais la situation s'est encore aggravée sous le régime d'Abdel Fattah el-Sisi. Comme la population égyptienne refuse de vivre à nouveau dans un Etat surveillé militairement qui ignore et réprime une grande partie de ce qui a été célébré et loué pendant la révolution de 2011, il est devenu d'autant plus important de soutenir et de protéger les quelques voix inébranlables qui tiennent encore le coup face à une oppression sans précédent. Gamal Eid est une de ces voix que les autorités semblent déterminées à réduire au silence.

Depuis le début de l'année, Eid a connu violation sur violation de ses droits et libertés. Le 4 février 2016, comme il s'apprêtait à embarquer sur un vol pour Athènes, les autorités aéroportuaires l'ont informé que son nom était sur la liste des personnes interdites de Voyager. Aucune raison, ni explication ne lui ont été données. Le 19 mars, un tribunal du Caire a décidé de geler ses avoirs, ainsi que ceux de sa femme et de sa fille âgée de 11ans. Le 23 mai, il a comparu devant trois juges accusé d'accepter des fonds étrangers sans autorisation - une accusation qui, depuis un amendement de 2014 au code pénal de l'Egypte, est passible d'une peine de prison à perpétuité. Le procès a déjà été reporté à deux reprises. La prochaine audience est fixée au 17 juillet 2016.

« Nous avons été ciblés parce que nos groupes fournissent des ressources essentielles aux victimes des violations des droits humains en Égypte. Nous avons représenté des victimes de la torture venant de divers horizons : des membres des Frères musulmans, des libéraux, des gauchistes, des victimes d'arrestations arbitraires et même des partisans du gouvernement », a écrit Eid dans un récent article dans le New York Times. « Nous avons défendu les idées selon lesquelles les droits humains sont l'apanage de tous, peu importe l'idéologie, et que les droits civiques appartiennent à tous les citoyens sans distinction, peu importe leur condition sociale ou leur pouvoir ».

Il est impressionnant que, malgré les niveaux de corruption qui envahissent de nombreux secteurs de la société égyptienne, Eid demeure aujourd'hui toujours aussi idéaliste qu'au moment où il s'est engagé, pour la première fois, dans sa mission.

En 2011, ANHRI a reçu le Prix Ronald Berger pour la dignité humaine pour saluer son travail de promotion de la liberté d'expression et de la presse en Egypte. Quant à Eid, il a reçu, à titre individuel, le prix de Dirigeants pour la démocratie lui décerné par le Projet pour la Démocratie au Moyen-Orient (POMED) pour récompenser son activisme inspirant.

Dernière mise à jour: 24 mai 2016

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