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Un cinéaste photojournaliste/documentariste est tué

Le cinéaste Christian Poveda a été abattu après avoir passé des années à documenter la vie des gangs
Le cinéaste Christian Poveda a été abattu après avoir passé des années à documenter la vie des gangs

(AFP)

Un cinéaste qui avait passé des années à documenter les gangs les plus violents du Salvador a été abattu la semaine dernière, indiquent le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), l'Institut international de la presse (IIP) et Reporters sans frontières (RSF).

Le corps sans vie de Christian Poveda, un Français de 54 ans d'origine espagnole, a été trouvé près de sa voiture le 2 septembre dans la ville de Tonacatepeque, juste au nord de la capitale, San Salvador. Tonacatepeque est contrôlée par un des gangs les plus ignobles du Salvador, Mara 18. Poveda revenait, semble-t-il, de La Campanera, une banlieue pauvre située tout près et contrôlée par la principale bande rivale de Mara 18, rapporte le CPJ.

Comme cinéaste et photojournaliste, Poveda documentait la violence au Salvador depuis plus de 30 ans, dit le CPJ. L'an dernier, il avait travaillé à un documentaire sur Mara 18, et il avait vécu avec des membres du groupe pendant plus d'un an pendant le tournage. Selon les reportages locaux, Poveda avait reçu des menaces de mort de membres hostiles du gang. La sortie de son documentaire sur Mara 18 était prévue le 30 septembre.

« Ce meurtre brutal envoie un terrifiant message aux journalistes du Salvador, où la violence endémique entre gangs constitue pour la presse le sujet le plus épineux », dit le CPJ. « Les autorités salvadoriennes doivent veiller à ce que ce crime ne reste pas impuni. »

Le documentaire, « La Vida Loca » (La vie folle), a déjà été vu dans des festivals internationaux du cinéma. Il présente des scènes brutales de « membres de gangs abattus dans la rue, des cadavres d'adolescents, de parents qui pleurent devant des cercueils, et des jeunes femmes le visage couvert de tatouages », dit RSF. « La Vida Loca » n'a jamais été présenté au Salvador.

Selon RSF, le film jette un regard critique sur les méthodes brutales employées par la police contre les membres de bandes de jeunes. Bien qu'il reconnaisse la terreur que sèment ces gangs, le film dépeint les membres des gangs comme des victimes et montre comment les conditions socio-économiques contraignent les jeunes Salvadoriens à s'engager dans la criminalité.

« Nous devons tenter de comprendre pourquoi un enfant de 12 ou 13 ans adhère à un gang et donne sa vie pour le gang », avait déclaré Poveda dans une entrevue au quotidien salvadorien en ligne « El Faro », rapporte RSF.

Une analyse du CPJ, publiée plus tôt cette année, constatait que les journalistes qui couvrent la violence des gangs au Salvador et dans d'autres parties d'Amérique latine étaient eux-mêmes devenus des cibles. Des journalistes salvadoriens ont déclaré au CPJ que des préoccupations de sécurité les empêchaient d'assurer une couverture en profondeur des causes de cette violence.

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