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Le « prix du dictateur » sur la touche à l'UNESCO

L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) est prête depuis des mois à décerner un prix des sciences de la vie portant le nom du Président Teodoro Obiang, le maître abusif de la Guinée équatoriale, qui le finance. Le 15 juin, l'UNESCO a retardé l'attribution du prix controversé, mais des groupes de défense des droits comme Human Rights Watch affirment que cela ne suffit pas. Par ailleurs, l'opposition au prix se fait de plus en plus entendre - notamment par des déclarations de journalistes de partout dans le monde qui sont réprimés par leurs propres gouvernements.

Environ 270 organisations de partout sur la planète font campagne contre le Prix International UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo de la Recherche dans les sciences de la vie - une subvention de 3 millions de dollars, gracieuseté d'Obiang - qui exigent que la récompense soit complètement annulée. La prochaine réunion du conseil d'administration est prévue en octobre. Les fonds derrière ce prix devraient servir à promouvoir une éducation de base et à combler d'autres besoins qu'éprouve le peuple de Guinée équatoriale, disent les groupes de défense des droits.

Le prix a été créé en 2008 dans le but de reconnaître « les réalisations scientifiques qui améliorent la qualité de la vie humaine ». Mais 75 pour 100 des Équato-Guinéens vivent dans une abominable pauvreté dans le quatrième producteur de pétrole en importance de l'Afrique sub-saharienne. Le gouvernement est connu pour son recours aux procès iniques, aux arrestations arbitraires, à la détention au secret et à la torture systématique - ainsi que pour une vaste corruption des dirigeants qui dilapident les fonds. Les groupes de défense des droits sont outrés que l'UNESCO accepte de l'argent d'une telle source, dit Human Rights Watch.

Sept lauréats de la récompense la plus prestigieuse de l'UNESCO, le Prix mondial UNESCO/Guillermo‑Cano de la Liberté de la presse, décerné à des journalistes courageux, ont fait parvenir une lettre au directeur général de l'organisation pour lui faire part de leur opposition à ce prix. Les lauréat du Cano ont cité en particulier « la grave répression (qui sévit) en Guinée équatoriale » et le fait que Obiang « opprime les médias ».

Sous la poigne de fer d'Obiang, la presse est presque totalement contrôlée par l'État, disent 30 groupes membres de l'IFEX dans une lettre expédiée en mai à l'UNESCO. Les journalistes locaux qui travaillent pour des médias internationaux sont visés par la détention ou l'emprisonnement. Les journalistes des médias d'État qui expriment « même un minimum d'objectivité » sont congédiés.

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