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122 millions d'euros promis par l'Union européenne alors que la répression des journalistes s'accentue

(RSF/IFEX) - Reporters sans frontières demande à l'Union européenne (UE) de ne pas accorder l'enveloppe de 122 millions d'euros prévue pour l'Érythrée, alors que la situation de plusieurs prisonniers politiques s'est considérablement aggravée au cours de ces derniers mois et que les autorités procèdent actuellement à de nouvelles arrestations de journalistes.

"Qui pourra encore croire à l'engagement de l'Union européenne en faveur de la défense des droits de l'homme si une telle somme était donnée à l'Erythrée? Une fois encore, l'UE s'apprête à appuyer le régime érythréen alors que celui-ci ne manifeste aucun progrès dans le respect des libertés, bien au contraire. Nous sommes extrêmement préoccupés pour les prisonniers érythréens, dont Asmara nie même l'existence, et par la multiplication des arrestations de journalistes", a déclaré l'organisation.

"Bien sûr le pays a besoin de soutien humanitaire et d'aide au développement. Mais le gouvernement d'Issais Afeworki ne permet que très difficilement à l'UE d'assurer un suivi de l'utilisation de ces fonds. Dans de telles conditions, les enveloppes budgétaires attribuées par le Fonds européen pour le développement (FED) à son 'partenaire' érythréen s'apparentent fort à des chèques en blanc qui ne manquent pas d'être perçus par la population et la diaspora comme le signe d'un soutien coupable au régime", a ajouté Reporters sans frontières.

Le 13 décembre 2008, le gouvernement a procédé au transfert de 113 prisonniers politiques depuis leur lieu de détention à Asmara vers la prison d'Embatkala à Ghinda (à 35 kilomètres au nord-ouest de la capitale, sur la route vers la cité portuaire de Massawa). Effectué dans quatre bus blindés guidés par l'armée érythréenne, le transfert a eu lieu en pleine nuit et a été supervisé par le colonel Tesfalidet Habteselasie.

Dans un autre mouvement, toujours en décembre, vingt-sept prisonniers politiques ont été transférés vers les îles Dahlaks, un archipel situé dans la mer Rouge. Parmi eux, se trouvent le rédacteur en chef et co-fondateur du bihebdomadaire "Meqaleh", Mattewos Habteab, arrêté à Asmara le 19 septembre 2001, et le journaliste sportif et membre du conseil d'administration du bihebdomadaire "Keste Debena", Temesgen Gebreyesus, arrêté le 20 septembre 2001.

Les conditions de détention dans les îles Dahlaks sont réputées déplorables, pires que dans le camp pénitentiaire d'Eira Eiro déjà décrit par Reporters sans frontières. Placés à l'isolement dans des cellules souterraines, les prisonniers souffrent d'une chaleur insoutenable. Étant donné le faible nombre de prisonniers revenus vivants de l'archipel, être incarcéré dans les îles Dahlaks est en Érythrée synonyme d'"aller-simple pour l'enfer".

Le journaliste suédo-érythréen et fondateur de l'hebdomadaire disparu "Setit", Dawit Isaac, arrêté à Asmara le 23 septembre 2001, a figuré parmi les prisonniers transférés à la prison d'Embatkala en décembre 2008. Mais son état de santé inquiétant a justifié son retour dans la capitale, le 11 janvier. Selon plusieurs sources concordantes, il est actuellement soigné dans l'hôpital de l'armée de l'air, où un seul médecin est en contact avec lui. Les autorités érythréennes font tout pour garder secrets la situation et l'état de santé de ce journaliste en dépit des campagnes internationales en sa faveur. Dans une résolution du 7 janvier, le Parlement européen a exprimé "sa profonde préoccupation devant la poursuite de l'emprisonnement" de Dawit Isaac et a exigé sa libération immédiate.

Le 22 février, les autorités ont ordonné une descente dans les locaux de Radio Bana, une petite station située en plein coeur de la capitale et diffusant des programmes d'éducation, sous le parrainage du ministère de l'Education. Tout le personnel, soit une cinquantaine de journalistes, a été arrêté et conduit au centre de détention de Dobozito, situé à la sortie d'Asmara, sans explication. Une partie du personnel a été relâchée, tandis que plusieurs personnes sont toujours détenues. Parmi celles-ci, Bereket Misghina, alias Wedi Misghina, un célèbre comédien et auteur de pièces de théâtre ; la journaliste et essayiste Yirgalem Asfha, ancienne critique d'art pour le journal Zemen ; le professeur Basilios Zemo, alias Wedi Zemo ; et enfin la jeune professeure Senait Habtu, travaillant au studio de production de la radio. Des informations non confirmées font état de leur transfert à la prison militaire d'Adi Abeito, au nord-ouest d'Asmara, sur la route vers Keren.

Bereket Wedi Misghina avait déjà été arrêté et torturé en 2002 après la projection de son film intitulé Fistametat.

Par ailleurs, Isaac Abraham, journaliste pour la chaîne publique Eri TV, Girmay Abraham, journaliste de la radio Dimtsi Hafash (La Voix des Masses), Mulubrhan Habtegebriel, journaliste, écrivain et traducteur, et Meles Negusse, jeune écrivain et poète, viennent d'être arrêtés par la police érythréenne. Leur lieu de détention est inconnu.

Pour des information complémentaires sur le cas Habteab, cliquer ici: http://www.ifex.org/en/content/view/full/100951

Pour des information complémentaires sur le cas Dawit Isaac, cliquer ici: http://www.ifex.org/en/content/view/full/100546/

Pour des information complémentaires sur le cas Gebreyesus, cliquer ici: http://www.ifex.org/fr/content/view/full/86328

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