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Dans l'abysse du classement comme pire endroit du monde pour les journalistes

L'Érythrée arrive au dernier rang du dernier classement de l'Indice de Reporters sans frontières (RSF) qui mesure le degré de liberté de la presse dans 173 pays. La presse privée est bannie depuis 2001 par le président autoritaire Issaias Afeworki, et les rares journalistes qui osent critiquer le régime sont jetés en prison, dit RSF. Quatre journalistes sont morts en détention et on croit qu'au moins 30 autres journalistes et deux travailleurs des médias sont actuellement en prison sans jugement.

Des journalistes ont été arrêtés dans plusieurs vagues au cours des huit dernières années : septembre 2001, novembre 2006 et février 2009. Un grand nombre d'entre eux sont détenus dans des conteneurs de métal ou dans des cellules souterraines dans un archipel de prisons ou dans l'un des nombreux centres de détention disséminés dans le pays, dit RSF.

Ancien chef rebelle, le président Afeworki a érodé l'espoir qu'entretenaient les Érythréens pour leur pays avant l'indépendance, dit RSF. Le chef de l'État a lancé le 18 septembre 2001 la police politique contre l'aile réformatrice du parti au pouvoir. D'anciens compagnons d'armes, des ministres et des généraux influents ont été jetés en prison. Les journaux indépendants qui paraissaient dans la capitale, Asmara, ont été interdits, et des rédacteurs et des éditeurs ont été arrêtés. La critique du régime est condamnée comme « nuisible à la sécurité nationale ».

Un journaliste érythréen qui vit en exil au Canada, Aaron Berhane, a déclaré au Comité pour la protection des journalistes (CPJ) que beaucoup d'employés des médias ont combattu dans le sanglant conflit avec l'Éthiopie qui a pris fin en 2000. « Pour avoir contesté le gouvernement ou ses politiques, nous nous sommes heurtés à une hostilité grandissante et à la persistance du harcèlement policier. »

Le refus d'Afeworki de mettre en oeuvre la constitution a été couvert dans les pages des journaux du pays. Berhane n'était pas chez lui dans la nuit où des agents de sécurité sont venus le cueillir, mais nombre de ses collègues ont été arrêtés. Les journalistes Fessehaye Yohannes, Youssouf Mohamed Ali, Saïd Abdelkader et Medhanie Haïlé sont tous morts en prison, et il a déclaré au CPJ qu'il ne savait pas ce qu'il en était pour les autres.

« Huit ans après que le président Issaias Afeworki eut entraîné son pays dans un nouveau et tragique parcours, dit RSF, il est temps de changer de nouveau de direction et d'accepter de libérer les journalistes incarcérés ou de leur faire subir un procès selon les normes internationales. » « Nous comptons sur le gouvernement de la Suède, le titulaire actuel de la présidence de l'Union européenne, pour obtenir des concessions de Issaias, surtout que l'un des journalistes emprisonnés (Dawit Isaac) possède la double citoyenneté, suédoise et érythréenne. »

Fondateur de l'hebdomadaire « Setit », aujourd'hui interdit, Isaac a été arrêté le 23 septembre 2001. Dans une entrevue accordée à un journaliste suédois, Afeworki a déclaré qu'il ne négocierait jamais la libération du journaliste avec la Suède.

Les médias publics en Érythrée sont une machine de propagande qui relaie le discours belliqueux et ultra-nationaliste du régime, indique RSF. De nombreux journalistes prennent le chemin de l'exil, la plupart à pied et en courant le risque de se faire tuer par les patrouilles frontalières qui ont reçu l'ordre de tirer à vue. Les correspondants étrangers présents dans le pays en ont été chassés par harcèlement ou intimidation, ou ont tout simplement été expulsés.

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