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PROFIL

Le journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak

Dawit Isaak est cofondateur du premier journal indépendant d'Érythrée en 1997. Mais son désir de promouvoir le débat sans tabou dans ce pays nouvellement indépendant lui a coûté plus de 15 ans de prison dans un centre de détention celebre pour ses violations des droits humains. Il est le récipiendaire du Prix mondial 2017 de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano.

Dawit Isaak en Suède vers 1987- 88. Photo: Kalle Ahlsén

Lors d'un déjeuner d'adieu peu avant de partir de Suède pour retourner en Érythrée en 1993, Dawit Isaak avait déclaré:

« Je vais faire la démocratie en Erythrée ».

Dawit Isaak est un écrivain, journaliste et dramaturge qui a été emprisonné sans inculpation depuis 2001.

Né en Erythrée en 1964, Isaak s'installe, en 1987, en Suède où il est finalement devenu citoyen et s'est imposé l'exil.

Isaak est retourné à Asmara en 1993 - quelques années après que l'Érythrée a été libérée du joug de l'Ethiopie - et en 1997, il a cofondé Setit, le premier journal indépendant du pays.

Mais la liberté du journaliste lui-même lui a été confisquée peu de temps après. En 2001, à la suite de la publication par Setit d'une lettre ouverte appelant à la mise en œuvre de la nouvelle constitution et des élections, Isaak a été arrêté, ainsi que dix autres journalistes, lors d'une répression qui a permis la fermeture de huit journaux indépendants. Sans aucune accusation portée contre lui ni accès à un avocat, Isaak a été envoyé à Eiraeiro, un centre de détention celebre pour ses violations des droits humains. Dans un rapport de Human Rights Watch, Eyob Bahta Habtenariam - qui dit être un ancien gardien d'Eiraeiro - est cité disant que les détenus d'Eiraeiro sont décédés en raison de températures très élevées, du manque de soins médicaux et de rations alimentaires inadéquates.

Selon l'International Press Institute (IPI), la dernière fois qu'Isaak avait donné de ses nouvelles, c'était en 2005 lorsqu'il avait été autorisé à quitter la prison pendant quelques jours pour des raisons médicales.

En 2013, après le plaidoyer de Reporters sans frontières (RSF), la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) a commencé à examiner le cas d'Isaak.

En juin 2016, au grand soulagement des défenseurs de la liberté d'expression à travers le monde, le ministre érythréen des Affaires étrangères, Osman Saleh, a annoncé qu'Isaak était vivant. Il a toutefois noté qu'Isaak ne serait condamné que lorsque le gouvernement était prêt à le faire.

En plus de l'IPI, Human Rights Watch et RSF, de nombreux membres de l'IFEX, dont le Comité de protection des journalistes (CPJ), PEN International, l'Association mondiale des journaux et des éditeurs (WAN-IFRA) et plus encore, ont plaidé pour la libération d'Isaak.

Le 30 mars 2017, l'UNESCO a annoncé qu'Isaak avait été choisi pour recevoir le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO / Guillermo Cano, qui « honore une personne, une organisation ou une institution qui a apporté une contribution exceptionnelle à la défense et/ou à la promotion de la liberté de la presse partout dans le monde, et surtout quand cela a été accompli dans un environnement dangereux ». Le prix sera décerné le 3 mai 2017 à Jakarta, en Indonésie, dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Commentant l'annonce de l'UNESCO, Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF, a déclaré:

« La décision d'attribuer le prix de cette année à Dawit Isaak cette est un signal encourageant. Elle envoie un message fort de dénonciation des régimes qui sapent les médias et le journalisme parce qu'ils communiquent des valeurs démocratiques. Nous réitérons notre appel au gouvernement érythréen pour libérer tous les journalistes qu'il a emprisonné arbitrairement depuis tant d'années ».

Les anciens lauréats [de ce prix] comprennent la journaliste azerbaïdjanaise d'investigations Khadija Ismayilova, qui a été libérée de prison quelques semaines après avoir reçu le prix en mai 2016, l'avocat syrien Mazen Darwish, également libéré de prison cette même année, et le journaliste turc Ahmet Şık.

Isaak est également le récipiendaire du Stylo d'or de la liberté de l'Association mondiale des journaux et éditeurs (WAN-IFRA), du Prix de la liberté de la presse de RSF, du Prix Anna Politkovskaya du Club suédois de la presse nationale, du Prix Tucholsky de la section de PEN en Suède et du Prix de liberté d'expression de l'Union des auteurs norvégiens.

L'Érythrée est au plus bas du classement - 180ème sur une liste de 180 pays - dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de RSF. Elle est également décrite comme « Non libre » dans le rapport 2016 sur la liberté de la presse de Freedom House et, en 2015, elle a été décrite comme le pays le plus censuré au monde par le CPJ.

Dernière mise à jour: 30 mars 2017

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