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Des membres de l'IFEX tirent la sonnette d'alarme à propos d'une loi antiterroriste

Le parlement éthiopien vient tout juste d'approuver une législation antiterroriste extrêmement étendue, qui pourrait entraîner l'incarcération des journalistes qui s'acquittent de leur travail. C'est ce que rapportent l'Association des journalistes de la presse libre d'Éthiopie (Ethiopian Free Press Journalists' Association, EFJA), le Comité pour la protection des journalistes et Human Rights Watch.

La Proclamation antiterroriste a été adoptée le 7 juillet par les Représentants de la Chambre du peuple d'Éthiopie. La loi habilite les autorités à décerner des peines de vingt ans de prison à quiconque « écrit, corrige, imprime, publie, publicise (ou) diffuse » des déclarations réputées avoir pour effet d'« encourager, appuyer ou favoriser » le terrorisme, indique le CPJ. De plus, Human Rights Watch ajoute qu'en incluant les dommages à la propriété et la perturbation des services publics dans la définition du terrorisme, la loi pourrait servir d'« outil nouveau et puissant » pour emprisonner ceux qui font de la protestation politique.

« La loi draconienne sur la presse (promulguée en juillet 2008) et la nouvelle législation sur le terrorisme, extrêmement répressive, ont été élaborées de manière à convenir aux intérêts du parti au pouvoir », déclare Kifle Mulat, président de l'EFJA. L'organisation de défense de la liberté de la presse, installée en exil, invite les particuliers et les ONG internationales à écrire des lettres au Premier ministre Meles Zenawi, au Ministre des Affaires étrangères et au Ministre de la Justice et des Communications d'Éthiopie, afin de protester contre la législation sur le terrorisme. (Voir la lettre du CPJ à http://tinyurl.com/kurxcs

Dans sa lettre au Premier ministre Meles Zenawi, le CPJ dénonce le « modèle en cours de poursuites criminelles, de restrictions administratives et de censure de l'Internet » qui frappe la presse en Éthiopie, et il invite le premier ministre à annuler l'approbation de la loi par le parlement. Pour illustrer la répression et la censure que les journalistes subissent déjà, le CPJ rapporte que plusieurs journalistes éthiopiens ont été prévenus de ne pas publier d'articles pour exprimer leur opposition à la loi.

De nombreux aspects de la loi violent les normes internationales. D'après Human Rights Watch, la loi admet comme preuves acceptables devant les tribunaux le ouï-dire et les aveux qui pourraient avoir été obtenus sous la torture. Elle permet en outre l'incarcération pendant quatre mois sans accusations des personnes « soupçonnées de terrorisme » et prévoit la peine de mort pour des crimes qui normalement n'entraîneraient pas la peine capitale.

Le gouvernement éthiopien a lancé une campagne de répression mortelle contre les protestataires, les journalistes et la société civile, après l'élection chaudement disputée de 2005. Depuis, dit Human Rights Watch, les groupes de défense des droits continuent de mettre à nu des affaires de meurtres, de torture et d'arrestations arbitraires systématiques. Plusieurs dissidents sont visés sous couvert de terrorisme, indiquent le CPJ et Human Rights Watch. Par exemple, les journalistes de la télévision d'État d'Érythrée Saleh Idris Gama et Tesfalidet Kidane Tesfazghi ont été détenus par les autorités pendant plus de deux ans pour des délits reliés au terrorisme et n'ont toujours pas été traduits devant les tribunaux, rapporte le CPJ. D'après l'EFJA, plus de 100 journalistes ont été contraints de fuir leur pays par crainte de persécutions.

Maintenant que la loi sur le terrorisme a été adoptée au parlement, le président a jusqu'au 7 août pour la ratifier et la promulguer, dit le CPJ. Il devrait l'approuver.

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