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Le gouvernement détourne un événement de la Journée mondiale de la liberté de la presse

Les officiels en Éthiopie ont célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse en détournant à leur profit le 3 mai dernier un événement local parrainé par l'UNESCO, en installant des journalistes favorables au gouvernement comme conférenciers et en annulant la présence des journalistes indépendants qui devaient prendre la parole, selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Les participants on cru qu'ils venaient entendre le rédacteur vétéran de l'hebdomadaire bilingue « Reporter », Amare Aregawi, qui devait parler du thème de 2011 de la Journée mondiale de la liberté de la presse de l'UNESCO, « Les médias du XXIe siècle : Nouvelles frontières ».

À la place, les officiels ont orchestré un autre programme préparé par le ministère des communications du gouvernement, qui a remplacé Aregawi et d'autres journalistes indépendants par des officiels et des représentants des médias pro-gouvernement. Biruk Kebede, de la Fana Broadcasting Corporation, parrainée par le parti au pouvoir, l'EPRDF, est devenu le modérateur de l'événement.

Les journalistes indépendants ont réagi en quittant les lieux.

« L'ironie de la censure de la Journée mondiale de la liberté de la presse n'échappera pas à la direction des Nations Unies, qui a passé les trois derniers jours à souligner la nécessité de la liberté d'expression », dit le CPJ. « En détournant cet événement, l'Éthiopie affiche de nouveau à la face du monde son bilan effarant de répression des médias. »

Des journalistes locaux ont dit au CPJ qu'avant l'événement, des officiels avaient communiqué avec les organisateurs et avaient menacé d'interrompre le meeting par la force si l'ordre du jour n'était pas accepté. Les autorités ont aussi ordonné aux organisateurs de changer les modérateurs, de laisser tomber les présentations critiques des autorités, et d'accorder plus de temps aux officiels du gouvernement. Les organisateurs ont refusé.

Shimelis Kemal, ministre d'État, Desta Tesfaw, de l'Ethiopian Broadcasting Authority, que contrôle le gouvernement, et les dirigeants des syndicats de la presse sous la coupe du gouvernement, comme Anteneh Abraham du Syndicat national des journalistes d'Éthiopie et Wondwossen Mekonnen de l'Ethiopian Free Journalists Association (à ne pas confondre avec l'Association des journalistes de la presse libre d'Éthiopie, (EFJA), laquelle est membre de l'IFEX), se sont présentés à l'événement et s'en sont emparés.

L'incident coïncidait avec la publication par le CPJ du document intitulé « The 10 Tools of Online Oppressors » (Les dix outils des oppresseurs en ligne), qui mettait en lumière la censure de l'Internet pratiquée par le gouvernement éthiopien grâce à son contrôle de l'infrastructure des télécommunications du pays. Certains officiels craignent en mai un soulèvement populaire à l'égyptienne, alimenté par l'Internet, avec en particulier des cyber-activistes appelant à des manifestations de masse.

Tout-à-fait par hasard, le 3 mai, des sites web discutant de dissidence politique et de droits de la personne - qui, de manière typique, ne sont accessibles en Éthiopie que par des serveurs anonymes de convenance - ont soudainement été débloqués, rapporte le CPJ.

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