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Les journalistes suédois se voient décerner onze ans de prison pour terrorisme

Le mois dernier, un tribunal éthiopien a condamné le photojournaliste suédois Johan Persson à 11 ans de prison pour terrorisme
Le mois dernier, un tribunal éthiopien a condamné le photojournaliste suédois Johan Persson à 11 ans de prison pour terrorisme

Kontinent Agency AB

L'Éthiopie a condamné deux journalistes suédois à 11 ans de prison la semaine dernière pour soutien au terrorisme après que le duo fut entré illégalement dans le pays avec un groupe rebelle somalien, selon ce que rapportent les membres internationaux de l'IFEX. Le photojournaliste Johan Persson et le reporter Martin Schibbye ont été arrêtés en juillet par les forces de sécurité éthiopiennes lors d'un échange de coups de feu entre soldats éthiopiens et rebelles dans la région de l'Ogaden, dont l'accès est bloqué. Ils ont subi un procès en octobre.

Le juge Shemsu Sirgaga a statué le 27 décembre que Persson et Schibbye devaient subir un « emprisonnement rigoureux » à la suite de leur condamnation en décembre, et a déclaré que le verdict « devait satisfaire l'objectif de paix et de sécurité », selon ce que rapporte le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Les procureurs avaient requis 18 ans de prison pour le duo, indique le CPJ.

De Stockholm, la mère de Martin, Karin Schibbye, a déclaré au « Guardian » que « c'est absurde. On ne peut pas vraiment comprendre qu'ils sont condamnés à 11 ans. C'est de toute évidence erroné… Ils sont innocents. Ils sont entrés au pays illégalement et devraient être punis pour cela, et rien d'autre. »

La mère de Martin n'a pas été autorisée à faire un appel téléphonique, ni à écrire à son fils, mais elle a pu lui rendre visite en prison après avoir obtenu un permis de l'ambassade de Suède. Les conditions de détention étaient pénibles, a-t-elle dit, ajoutant que « ce n'est pas un endroit agréable. Le dortoir est surpeuplé, avec 70 lits pour 200 détenus. »

Les journalistes affirment qu'ils enquêtaient sur des violations présumées des droits de la personne commises contre les Somaliens de l'Ogaden, où des combats font rage pour l'indépendance depuis les années 1970. Les journalistes faisaient appel au Front national de Libération de l'Ogaden (FNLO), un groupe séparatiste hors-la-loi, pour leur servir de guide. D'après l'Institut international de la presse (IIP), l'Éthiopie a déclaré le FNLO organisation terroriste en juin.

Les membres de l'IFEX maintiennent que les journalistes ne faisaient que leur travail, et qu'ils étaient incorporés aux forces rebelles pour pouvoir rapporter la nouvelle sur la région et sur les activités d'une société pétrolière suédoise qui a des intérêts dans cette région.

« Le but du verdict est d'effrayer les journalistes et de les tenir loin de la région », a déclaré à l'IIP Fredrec Alm, rédacteur et vice-président de l'agence photographique Kontinental, basée en Suède - agence pour laquelle travaillaient Persson et Schibbye.

Les membres de l'IFEX ont déclaré que la loi antiterroriste utilisée pour intenter un procès au duo est vague et ambiguë à souhait et qu'elle sert au Premier ministre Meles Zenawi pour réprimer la dissidence, en particulier la liberté des médias. Lire l'analyse détaillée d'ARTICLE 19 sur la législation antiterroriste d'Éthiopie ici.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ) s'apprête à mobiliser ses membres et partenaires en Afrique et en Europe afin de renverser le verdict et d'obtenir la liberté des reporters. « Le Syndicat des journalistes suédois entend travailler étroitement avec les familles des journalistes et exige que le Gouvernement suédois veille à ce que cette injustice soit rectifiée et que nos collègues puissent revenir auprès de leur famille et de leurs collègues », a déclaré la section européenne de la FIJ.

Le Comité des écrivains en prison du PEN International (WiPC) demande l'envoi de lettres d'appel à la représentation diplomatique de l'Éthiopie la plus près de chez vous. Pour avoir la liste des ambassades, cliquer ici.

Avec sept journalistes derrière les barreaux, l'Éthiopie ne le cède qu'à l'Érythrée parmi les pires geôliers de journalistes d'Afrique, indique le CPJ. Au cours de la dernière décennie, la répression des médias en Éthiopie a mené à l'exil le plus grand nombre de journalistes du monde, dit le CPJ.

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