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Après 80 jours, les blogueurs de zone9 sont toujours derrière les barreaux

Zone9 Website/Facebook

Après presque trois mois de détention sans qu'aucune charge ne soit retenue contre eux, les six blogueurs de Zone9 et les trois journalistes arrêtés avec eux, sont toujours derrière les barreaux en Ethiopie. Les audiences devant leur signifier les chefs d'accusation à leur encontre, samedi 12 et lundi 14 juillet, ont tout simplement été annulées.

Reporters sans frontières a appris avec déception, mais malheureusement sans véritable surprise, la non présentation des six blogueurs et trois journalistes éthiopiens à leur audience des 12 et 14 juillet 2014. Emprisonnés arbitrairement depuis les 25 et 26 avril 2014, ils devaient être présentés à un juge à l'issue de l'enquête de police. Mais cette dernière a préféré présenter son rapport d'enquête au Procureur à huis clos, sans permettre aux prévenus ou à leurs avocats d'être présents. A cette heure, aucune charge n'a été officiellement retenue contre les neufs acteurs des médias qui sont donc aujourd'hui détenus illégalement, et cela même au regard de la loi anti-terroriste pourtant draconienne dans ses provisions pour museler toute forme de discours critique et dont les journalistes ont chèrement fait les frais depuis sa création.

"Ce dernier affront au principe d'un procès équitable ne surprend malheureusement plus venant du gouvernement éthiopien. Aujourd'hui les six blogueurs de Zone9 et les trois journalistes arrêtés avec eux sont détenus en toute illégalité, et ce, même au regard de la loi anti-terroriste éthiopienne qui offre pourtant tous les avantages possibles à l'accusation plutôt qu'à la défense", déclare Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de Reporters sans frontières. "Près de trois mois plus tard, aucune charge n'est retenue contre eux. Cet emprisonnement est clairement un acte d'intimidation politique destiné à museler toute voix dissidente".

L'enquête, initiée alors que les journalistes et les blogueurs avaient été arrêtés pour avoir "travaillé avec des organisations étrangères se proclamant activistes des droits de l'homme", a été prolongée de 28 jours à deux reprises, le 17 mai, puis le 14 juin, à la demande de la police. Samedi 11 juillet, les neufs détenus sont arrivés au terme légal du nombre de jours qu'il est possible de passer en détention sans que des charges ne soient officiellement retenues. Les avocats des journalistes et blogueurs envisagent de déposer un recours pour non-respect des règles les plus strictes de la défense. Ils continuent inlassablement de demander la libération de leurs clients, arguant que ceux-ci sont détenus illégalement et dénonçant un manque évident de preuves à charge contre eux.

L'Ethiopie se place au 143e rang sur 180 pays selon le Classement 2014 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières.

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