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RSF demande la libération de trois journalistes éthiopiens

Un événement d'Amnistie International pour sensibiliser le public environ le cas du journaliste emprisonné Eskinder Nega, dans le bar 1920, Washington, DC, le 2 août 2012
Un événement d'Amnistie International pour sensibiliser le public environ le cas du journaliste emprisonné Eskinder Nega, dans le bar 1920, Washington, DC, le 2 août 2012

Daniel C. Britt / The Washington Post via Getty Images

Cet article a été initialement publié sur rsf.org le 17 janvier 2018.

Alors que le gouvernement éthiopien s'apprête à libérer plusieurs centaines de responsables politiques, Reporters sans frontières (RSF) appelle les autorités à élargir la liste des personnes concernées par cette mesure à trois journalistes emprisonnés.

Deux semaines après la promesse du Premier ministre éthiopien de libérer un certain nombre d'hommes politiques et d'autres personnes emprisonnées pour "créer une atmosphère de réconciliation nationale", le gouvernement a annoncé qu'il libérerait ce mercredi 17 janvier "500 suspects dans l'attente d'un procès". Reporters sans frontières demande aux autorités d'élargir leur mesure à deux journalistes et un journaliste-citoyen condamnés pour avoir simplement exercé leur droit d’informer.

Le chroniqueur du site d'information en ligne de la diaspora EthioMedia, Eskinder Nega, a été condamné en juillet 2012, à dix-huit ans de prison pour "complot d'actes terroristes". Peu de temps avant son arrestation il avait publié un article dénonçant l'instrumentalisation de la loi anti-terroriste de 2009 pour mettre en prison des journalistes.

Six mois auparavant, le rédacteur en chef adjoint Woubshet Taye de l'hebdomadaire Awramba Times, a été condamné à 14 ans de prison pour "organisation d'actes terroristes contre des infrastructures, des télécommunications et des lignes électriques". Sa dernière publication critiquait les méthodes du parti au pouvoir. Sa demande de pardon a été rejetée par le ministère de la Justice.

Accusé d'avoir soutenu des terroristes, le blogueur Zelalem Workagegnehu d'un autre site en ligne de la diaspora éthiopienne DeBirhan a pour sa part été condamné en 2016 à cinq ans et quatre mois de prison.

"Ces trois journalistes ont en commun d'être tombés sous le couperet de la loi anti-terroriste de 2009, rappelle Reporters sans frontières. Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, les accusations de terrorisme sont systématiquement utilisées comme chefs d'accusation contre les journalistes pour les condamner à lourdes peines de prison. Les autorités doivent cesser de recourir à cette loi pour limiter la liberté de la presse et commencer, au contraire, à engager son processus de réconciliation nationale en libérant ces trois journalistes".

Le 3 janvier dernier, le Premier ministre a également annoncé la fermeture prochaine du Centre fédéral de Détention Maekelawi. Cette décision a été largement saluée, d'autant que la prison est connue pour être un centre de torture depuis l'époque de la dictature. Le blogueur Zelalem Workagegnehu décrit y avoir été torturé et subi des violences et humiliations. Eskinder Nega explique, quant à lui, avoir également été victime d'harcèlement.

L'Ethiopie occupe la 150ème place sur 180 dans le Classement mondial 2017 de RSF.

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