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Des journalistes étrangers sont déportés, les médias censurés sous le règne de l'état d'urgence

Photo tirée d'une entrevue de TVNZ qui montre des espaces vides dans les pages du journal « Fiji Times » après la censure des « officiers d'information » du régime. Un travailleur des médias de Fidji a par la suite été détenu pour avoir transmis cette séquence à TVNZ
Photo tirée d'une entrevue de TVNZ qui montre des espaces vides dans les pages du journal « Fiji Times » après la censure des « officiers d'information » du régime. Un travailleur des médias de Fidji a par la suite été détenu pour avoir transmis cette séquence à TVNZ

Pacific Freedom Forum

L'Association des médias des Îles du Pacifique (Pacific Islands News Association, PINA) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) exigent que le gouvernement militaire de Fidji cesse de déporter les journalistes et de censurer les médias après que le gouvernement eut proclamé la semaine dernière une période de 30 jours d'état d'urgence.

Le président de Fidji Ratu Josefa Iloilo a proclamé l'état d'urgence le 10 avril, renversant la constitution et congédiant la magistrature, après que la cour d'appel eut statué que le coup de décembre 2006 du premier ministre Frank Bainimarama était illégal, rapportent les dépêches.

Sean Dorney, journaliste australien travaillant pour le compte d'ABC Television, dont les reportages étaient retransmis par la principale chaîne de télévision de Fidji, « Fiji One », de même que la reporter Sia Aston et le cameraman Matt Smith, du réseau néo-zélandais « TV 3 », a déclaré le 13 avril que des responsables de l'immigration leur avaient ordonné de quitter le pays à cause de leur couverture de la crise politique. D'après les nouvelles, ils ont été déportés le lendemain.

Un journaliste de la télévision locale de Fidji, Edwin Nand, a aussi été arrêté, parce qu'il aurait rapporté la déportation de Dorney.

Les reportages de nouvelles locales critiques du gouvernement sont interdits pendant de l'état d'urgence, a annoncé Bainimarama le 11 avril. Il a aussi installé des « officiers d'information » dans les salles de nouvelles de Fidji pour surveiller les reportages susceptibles d'« inciter au désordre », disent les membres de l'IFEX.

« L'instauration de la censure généralisée pendant l'état d'urgence fait douter sérieusement de la volonté qu'affiche le gouvernement de restaurer la démocratie », dit le CPJ.

Par ailleurs, les médias locaux ont protesté contre la nouvelle censure en annulant la diffusion des bulletins de nouvelles et en laissant en blanc les pages des journaux.

Un article à la une du « Fiji Sun » annonçait que le journal ne publierait plus de reportages politiques en raison de la nouvelle directive sur la censure.

À la page deux de l'édition de dimanche du « Fiji Times » se trouvait un trou blanc avec l'avis : « Les reportages de cette page n'ont pu être publiés en raison des restrictions du gouvernement. »

« Fiji One » a remplacé le 12 avril le bulletin de nouvelles du soir par le message suivant : « Les téléspectateurs sont priés de noter qu'il n'y aura pas de bulletin de nouvelles de 18 heures ce soir. »

« Le peuple libre et pacifique de Fidji est réduit au silence à la pointe du fusil et par la prise de contrôle des médias d'informations et l'interdiction des nouvelles sur les événements qui se déroulent contre le régime. Cela démontre un geste grave de la part du gouvernement intérimaire pour ramener son peuple à l'âge des ténèbres », dit la PINA.

Le Pacific Freedom Forum, qui compte des membres actifs parmi les journalistes de la région du Pacifique, les rédacteurs, producteurs et universitaires spécialisés en journalisme, lancera bientôt une pétition en ligne pour permettre aux particuliers et aux organisations à travers le monde d'exprimer avec force leur solidarité continue avec les journalistes et les médias de Fidji. La pétition sera présentée aux dirigeants appropriés du Pacifique lors de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai.

Bainimarama a déclaré qu'il tiendrait des élections pour restaurer la démocratie, après qu'il aura réécrit la constitution et les lois électorales afin d'en retirer ce qu'il dit être la discrimination raciale dirigée contre une importante minorité d'ethnie indienne.

L'Australie, les États-Unis, les Nations Unies et d'autres accusent Bainimarama de se hâter lentement quant au retour de la démocratie. De nombreux pays imposent des sanctions, tandis que l'industrie du tourisme - et une économie à la merci des exportations de sucre - ont plongé depuis le coup.

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