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L'abrogation de la loi d'urgence n'a pas mené à la liberté des médias, disent les membres de l'IFEX

L’édition du 12 avril 2009 du « Sunday Times » était lourdement censurée sous l’état d’urgence; en dépit de la fin de la loi d’urgence, les membres de l’IFEX affirment que le régime de censure est toujours en vigueur
L’édition du 12 avril 2009 du « Sunday Times » était lourdement censurée sous l’état d’urgence; en dépit de la fin de la loi d’urgence, les membres de l’IFEX affirment que le régime de censure est toujours en vigueur

Jachin Sheehy

La direction militaire des îles Fidji a levé l'état d'urgence - instauré il y a près de trois ans - mais s'est empressée d'imposer d'autres restrictions aux médias pour le remplacer, indiquent le Pacific Freedom Forum (PFF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) et la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

Le mois dernier a été déposé le décret sur les procédures de l'État, qui exempte le dirigeant et les ministres de Fidji des poursuites en diffamation pour quelque propos qu'ils puissent tenir en public ou en privé, indique le PFF. Fidji soutient que le décret renforcera la discussion et la consultation publiques pendant le dernier droit avant les élections prévues en 2014.

« Une direction qui se protège mais qui ne protège pas son peuple contre les poursuites en diffamation ne peut s'attendre à ce qu'une telle nouvelle soit bien reçue », dit le PFF, qui demande la révocation du décret.

Le nouveau décret fait suite à l'annonce récente par le Commodore Frank Bainimarama, dans son adresse à la nation à l'occasion du Nouvel An, que les règles d'urgence, en place depuis avril 2009 après que les tribunaux eurent proclamé l'illégalité de son coup d'État de 2006, seraient retirées afin de permettre les préparations en vue de la rédaction d'une nouvelle constitution nationale, selon ce que rapportent le CPJ et la FIJ.

Aux termes des règles d'urgence, des censeurs désignés par le gouvernement ont été affectés dans les salles de nouvelles afin de retirer avant publication tout reportage hostile au gouvernement, selon ce qu'indiquent les membres de l'IFEX, ce qui a entraîné la censure de milliers de reportages.

Mais un décret sur les médias proclamé en juin 2010, qui a « instauré de manière permanente » le régime de censure des règles d'urgence, reste en vigueur, dit la FIJ.

Ce décret prévoyait des pénalités, notamment des peines de prison, pour tout reportage qu'une autorité gouvernementale estime « contraire à l'intérêt national », et modifiait les lois relatives à la propriété des médias afin de permettre que le journal « Fiji Times », qui appartenait à l'époque à des intérêts australiens et qui avait une attitude critique à l'égard du gouvernement, passe à une administration locale, explique le CPJ.

« Grâce à ces deux mesures, l'autocensure est tellement intégrée qu'on ne s'étonne pas que l'abrogation des lois d'urgence “n'a pas mené à un épanouissement soudain du débat politique” dans les médias », dit le CPJ, qui cite ABC Radio d'Australie pendant la semaine qui a suivi la révocation.

De plus, dit PFF, la levée des lois d'urgence a été suivie rapidement de la mise en œuvre de révisions aux lois qui protègent l'ordre public, qui restreignent le droit des gens de se rassembler et qui interdisent la contestation devant les tribunaux du Premier ministre ou des officiers supérieurs de la police.

Pour marquer le cinquième anniversaire en décembre de la prise du pouvoir par Bainimarama, le CPJ, Human Rights Watch et d'autres groupes de défense des droits ont critiqué les restrictions imposées à la liberté de la presse et autres violations des droits de la personne qui sont survenues sous son gouvernement.

« Bainimarama doit mettre au rancart le décret restrictif sur les médias et encourager le débat public s'il est vraiment déterminé à restaurer la démocratie, but qu'il prétend poursuivre depuis cinq ans. En attendant, la communauté internationale doit continuer à le décrire tel qu'il est, à savoir un dictateur qui réprime les médias afin de conserver sa mainmise illégale sur le pouvoir », dit le CPJ.

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