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Placement en garde à vue d'un journaliste

(RSF/IFEX) - Adrien Morin, journaliste stagiaire à la rédaction du quotidien "Le Monde" a été interpellé le 13 juillet 2009, alors qu'il couvrait une manifestation contre les violences policières à Montreuil (93), bien qu'ayant fait, à plusieurs reprises, mention de sa qualité de journaliste. Placé en garde à vue, puis transféré au dépôt du tribunal de grande instance (TGI) de Bobigny, il n'a été remis en liberté qu'une dizaine d'heures plus tard.

"Cette nouvelle affaire d'interpellation et de placement en garde à vue d'un professionnel de l'information est scandaleux. Nous tirons, depuis de nombreux mois, la sonnette d'alarme face à la multiplication des pressions policières sur les journalistes en France, mauvais élève de l'Europe en la matière. Les autorités font la sourde oreille. Ce silence ajoute à l'inquiétude sur l'avenir des libertés publiques", a déclaré Reporters sans frontières.

"Les forces de l'ordre doivent exercer leurs mandats dans le strict cadre défini par la loi, et dans ce cadre seulement. Dans le cas contraire, policiers et gendarmes doivent être poursuivis et sanctionnés. L'impunité dans ces affaires d'interpellation abusive de journalistes est une menace pour les libertés publiques", a poursuivi l'organisation.

Le 13 juillet, à Montreuil, une manifestation contre les violences policières était organisée, après que cinq personnes ont été blessées le 8 juillet dans la même ville lors de l'intervention des forces de l'ordre à proximité d'un squat évacué, "La clinique". L'un des blessés, le réalisateur Joachim Gatti, avait perdu un oeil après un tir de "Flash ball".

Vers 21h00 (heure locale), les services de police ont dispersé la manifestation débutée à 19h00. Dominique Voynet, maire de Montreuil, a participé au rassemblement et a dénoncé une "démonstration de force totalement inutile". Plusieurs personnes ont été interpellées, dont Adrien Morin. Le journaliste a été plaqué au sol, menotté dans le dos et chargé dans un fourgon avant d'être conduit au commissariat de Montreuil. Là, il a été soumis à une fouille et placé en garde à vue. Vers 23h00, Adrien Morin et les autres personnes interpellées ont été transférés au dépôt du TGI de Bobigny. A ce moment, le journaliste avait déjà à plusieurs reprises fait connaître sa qualité. En vain. Au TGI, il a pu s'entretenir avec un avocat, et a été remis en liberté le matin du 14 juillet à 6h30.

Contacté par Reporters sans frontières, Adrien Morin a précisé que dès que les policiers avaient compris avoir commis une erreur en l'interpellant, ces derniers ont fait pression sur lui afin qu'il endosse la responsabilité de plusieurs délits, dont celui de port d'un casque dans une manifestation et de tir de projectile sur un policier. Adrien Morin a refusé et toujours déclaré qu'il se trouvait sur les lieux pour le quotidien. Il avait en sa possession un ordre de mission de sa rédaction.

L'organisation a cherché à obtenir des explications ou un commentaire de la part des services de police et de justice. Ni le commissariat de Montreuil, ni le TGI de Bobigny, ni la Direction départementale de la sécurité publique n'ont souhaité répondre à ses questions.

La France se trouve à la 35e place du classement annuel de la liberté de la presse. Depuis deux ans, les interpellations et placements en garde à vue de journalistes se sont multipliés, de même que les convocations de professionnels des médias afin de leur faire révéler l'origine de leurs informations. Parmi les affaires récentes, on compte celles de Joseph Tual (France 3) et Augustin Scalbert (Rue 89).

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